VIDEO. Rohingyas: L’ONG Human Rights Watch dénonce des «massacres planifiés» de l'armée birmane

BIRMANIE Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme évoque des éléments de « génocide »…

20 Minutes avec AFP

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Cette image satellite datant du 18 décembre 2017 montre quatre villages rohingyas détruits par l'armée birmane.
Cette image satellite datant du 18 décembre 2017 montre quatre villages rohingyas détruits par l'armée birmane. — AP/SIPA

L’armée birmane a planifié certains massacres commis dans des villages rohingyas dans l’ouest de la Birmanie. Et elle a été aidée par les populations bouddhistes, estime l’ONG Human Rights Watch (HRW) dans un nouveau rapport publié ce mardi et consacré à la localité de Tula Toli.

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S’appuyant sur des dizaines de témoignages de survivants, HRW montre comment les forces de sécurité ont piégé les musulmans rohingyas sur les berges d’un fleuve pour ensuite tuer et violer hommes, femmes et enfants et incendier la petite ville.

« Une efficacité cruelle, qui n’a pu qu’être planifiée à l’avance »

« Les atrocités de l’armée birmane à Tula Toli n’ont pas seulement été brutales, elles ont été systématiques », a commenté Brad Adams, le directeur de Human Rights Watch Asie.

« Les soldats ont tué et violé des centaines de Rohingyas avec une efficacité particulièrement cruelle, qui n’a pu qu’être planifiée à l’avance », a poursuivi Adams. De nombreux villageois ont en outre déclaré à HRW que le chef de l’organisation locale, membre de l’ethnie Rakhine (bouddhiste), leur avait dit de se rassembler sur la plage, prétendant qu’ils y seraient en sécurité.

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« Il a pris ma fille et l’a jetée vivante dans les flammes »

Les forces de sécurité auraient ensuite encerclé la zone et tiré sur la foule rassemblée, comme sur ceux qui tentaient de fuir. « Ils attrapaient les hommes et les forçaient à s’agenouiller puis ils les tuaient. Ensuite ils empilaient leurs corps. D’abord ils les abattaient et s’ils étaient encore vivants, ils les achevaient à coups de machettes », a raconté Shawfika, 24 ans, dont le mari et le beau-père ont été tués sous ses yeux.

Hassina Begum, 20 ans, a tenté de dissimuler sa fille d’un an, Sohaifa, sous son foulard, mais un soldat l’a aperçue. « Il a pris ma fille et l’a jetée vivante dans les flammes », a-t-elle raconté.

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La semaine dernière, Médecins sans frontières a estimé qu’au moins 6.700 Rohingyas avaient été tués entre fin août et fin septembre. Les violences auraient de plus poussé environ 655.000 Rohingyas à fuir au Bangladesh voisin. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a lui évoqué des éléments de « génocide ». L’armée birmane, de son côté, a toujours nié toutes représailles contre les civils. Elle assure que seules 400 personnes ont été tuées, parmi lesquelles « aucun innocent ».