Pékin se félicite d’avoir maté les manifestations au Tibet

avec agences

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La Chine a confirmé mardi avoir réprimé une manifestation de moines la veille à Lhassa, la capitale du Tibet, lors du 49e anniversaire du départ forcé du dalaï lama, le chef spirituel des bouddhistes tibétains.
La Chine a confirmé mardi avoir réprimé une manifestation de moines la veille à Lhassa, la capitale du Tibet, lors du 49e anniversaire du départ forcé du dalaï lama, le chef spirituel des bouddhistes tibétains. — Manan Vatsyayana AFP/Archives

Après les manifestations de moines qui ont eu lieu à Lhassa (Tibet) lundi et mardi, la Chine affirme que le calme est revenu dans la capitale tibétaine. Selon l'association Campagne internationale pour le Tibet, ces manifestations ont été les plus importantes depuis celles de 1989, qui avaient conduit à l'imposition de la loi martiale à Lhassa.

Fait inhabituel, Pékin a reconnu avoir réprimé la manifestation de lundi. Selon Radio Free Asia, une soixantaine de moines auraient été arrêtés lors d'une première journée de manifestation lundi, organisée à l'occasion du 49e anniversaire du départ forcé du dalaï lama. Une deuxième manifestation de moines, dont certains avaient réclamé l'indépendance du Tibet, aurait été dispersée mardi à coups de gaz lacrymogène.

Un risque de déstabilisation

Pékin a réaffirmé jeudi sa volonté de réprimer toute activité «séparatiste»,
tout en minimisant l’ampleur des soulèvements récents. «Ces deux derniers jours, quelques moines à Lhassa ont créé des désordres afin de semer le trouble», a déclaré jeudi Qin Gang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, qualifiant ces manifestations de «coup organisé par des groupes du dalaï lama».

Pour Pékin, la question dépasse la situation du Tibet lui- même, le mécontentement pouvant se propager dans des régions chinoises peuplées en grande partie de Tibétains. Lundi, des moines de la province de Qinghai ont ainsi réclamé le retour au Tibet de leur chef spirituel, le dalaï-lama, qui vit en exil depuis 1959. Le même jour, des moines de la province de Gansu, se sont joints aux protestations.

Des moines arrêtés en Inde

A quatre mois des Jeux olympiques que Pékin veut sans tache, la question des Droits de l’homme embarrasse Pékin.«On espère que la tenue des Jeux olympiques pourra faire évoluer les choses dans le bon sens mais d’un autre côté, la pression est forte sur les mouvements qui demandent des libertés. Certaines personnes sont arrêtées pour qu’elles ne puissent pas parler,» témoigne Marc Liégeois, président du mouvement belge «Les amis du Tibet», interrogé par 20minutes.fr.

Hors de Chine, la question du Tibet reste également sensible, pour des raisons diplomatiques. La police indienne a arrêté jeudi matin 100 exilés tibétains en route vers le Tibet et les a renvoyés vers Dharamsala (Inde), d'où ils étaient partis. Les moines, nones et laïcs entamaient une marche de plusieurs mois pour protester, à l’approche des Jeux olympiques, contre la mainmise chinoise au Tibet.