Sous-marin disparu: Le chef de la Marine argentine congédié

ARGENTINE Depuis quelques semaines, des experts annonçaient une purge au sein de la Marine, voulue par le président argentin Mauricio Macri...

M.C. avec AFP

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Un porte-parole de la Marine argentine lors d'une conférence de presse à Buenos Aires, le 4 décembre 2017.
Un porte-parole de la Marine argentine lors d'une conférence de presse à Buenos Aires, le 4 décembre 2017. — NAIARA BELLIO/EFE/SIPA

C’est le plus haut gradé à être sanctionné depuis le drame. Le chef de la Marine argentine, l’amiral Marcelo Srur, a été limogé plus d’un mois après la disparition toujours inexpliquée du sous-marin ARA San Juan avec 44 membres d’équipage à bord.

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« Le ministre de la Défense lui a demandé de faire valoir ses droits à la retraite. C’est une décision politique », a déclaré samedi un officier de la Marine argentine, qui a requis l’anonymat. Les recherches se poursuivent pour localiser le San Juan qui n’a plus donné signe de vie depuis le 15 novembre, mais il n’y a plus d’espoir de retrouver des survivants.

La Marine soupçonnée d’avoir dissimulé des informations

L’amiral Srur est le 5e gradé de haut rang à être relevé de ses fonctions. Depuis quelques semaines, des experts de la Marine annonçaient une purge au sein de la Marine, voulue par le président argentin de centre-droit, Mauricio Macri.

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Une partie des proches des 44 sous-mariniers ont critiqué la Marine qu’ils soupçonnent d’avoir dissimulé des informations. Ils demandent la création d’une commission d’enquête parlementaire. Vendredi, ils ont manifesté à Mar del Plata et à Buenos Aires.

La Marine n’a pas bonne presse en Argentine. Pendant la dictature militaire de 1976 et 1983, des unités de la Marine se sont transformées en centres de détention et de torture. La perte du San Juan est la première grave déconvenue pour la Marine depuis la Guerre des Malouines (Iles Falkland) en 1982, perdue par l’Argentine face au Royaume-Uni.

Formation d’une commission d’enquête

Une commission d’enquête interne à la Marine sera formée dans les prochains jours et sera notamment composée du capitaine à la retraite Jorge Bergallo, père du commandant en second de l’ARA San Juan, Jorge Ignacio Bergallo, selon des sources officielles citées par l’agence de presse nationale Telam.

La perte du sous-marin, joyau des forces armées argentines, a entraîné l’ouverture d’une enquête judiciaire afin d’établir les responsabilités, par une juge de Caleta Olivia, port de Patagonie et juridiction habituellement chargée d’instruire des affaires maritimes.