VIDEO. «Harvey Weinstein est mon monstre aussi», Salma Hayek accuse le producteur de l'avoir harcelée et menacée

ETATS-UNIS L'actrice de 51 ans raconte ses relations avec le producteur, qui l’a, selon elle, harcelée, humiliée et menacée, cherchant à faire échec au projet de sa vie, un film sur Frida Kahlo...

M.C. avec AFP

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Salma Hayek à Londres, le 1er juin 2017.
Salma Hayek à Londres, le 1er juin 2017. — Joanne Davidson/SilverHub/SIPA

« Harvey est mon monstre aussi ». C’est le titre qu’a choisi Salma Hayek pour évoquer, dans un témoignage publié mercredi par le New York Times, ses relations avec Harvey Weinstein, qui l’a, selon elle, harcelée, humiliée et menacée, cherchant à faire échec au projet de sa vie, un film sur Frida Kahlo sorti en 2002. Un récit que le producteur a ensuite cherché à démonter point par point

«Je vais te tuer, ne crois pas que je ne peux pas le faire»

Dans le texte publié plus de deux mois après l’article du New York Times qui a fait tomber le producteur hollywoodien de son piédestal, l’actrice d’origine mexicaine affirme avoir été harcelée à de nombreuses reprises par Harvey Weinstein, qui lui aurait notamment demandé, en différentes occasions, de prendre une douche avec lui, de le laisser avoir un contact sexuel avec elle ou de se mettre nue devant lui avec une autre femme.

L’épouse de François-Henri Pinault décrit, comme beaucoup d’autres depuis deux mois, un Harvey Weinstein mélangeant douceur et agressivité, manipulateur en diable, à qui elle a toujours refusé de céder, assure-t-elle. Ce qui aurait irrité le producteur: «Ses tactiques de persuasion allaient du baratinage à ce déchainement de furie, une fois, au cours duquel il m'a dit «Je vais te tuer, ne crois pas que je ne peux pas le faire»».

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« Mauvaise foi »

Mais l’essentiel du récit se concentre sur la production du film Frida, projet très cher à Salma Hayek, grande admiratrice de la peintre mexicaine. Le studio Miramax, fondé et dirigé par Harvey Weinstein et son frère Bob, avait décidé de produire le film, dont l’actrice de 51 ans était également co-productrice et détentrice des droits du script.

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Conscient qu’elle ne céderait jamais à ses avances, même pour faire son film, Harvey Weinstein lui aurait dit qu’il avait choisi une autre actrice qu’elle pour incarner le rôle principal. Elle dit avoir alors saisi des avocats pour plaider la mauvaise foi et récupérer le contrôle de la production.

Une scène de sexe comme condition pour achever le film

Une fois le tournage entamé, elle raconte qu’Harvey Weinstein serait intervenu à plusieurs reprises pour critiquer la direction du projet ou Salma Hayek elle-même. « Il m’a dit que la seule chose que j’avais pour moi, c’était mon sex-appeal, et qu’il était absent du film », explique-t-elle dans le témoignage, affirmant que le magnat hollywoodien lui aurait notamment demandé de gommer certains aspects du personnage, ses épais sourcils ou sa claudication.

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Le producteur aurait aussi posé comme condition sine qua non pour achever le film qu’elle tourne une scène de sexe avec une autre actrice, lors de laquelle les deux femmes étaient nues. Se rendant compte que le projet n’aboutirait pas sans cela, elle dit avoir finalement accepté mais avoir été physiquement malade durant le tournage de la scène.

Harvey Weinstein rejette les accusations

«Toutes les allégations sexuelles décrites par Salma ne sont pas exactes et d'autres qui ont été témoins de ces événements ont un souvenir différent de qui s'est passé», a réagi mercredi une porte-parole du producteur dans un message transmis à l'Agence France Presse. 

«Même si Jennifer Lopez était intéressée par le rôle de Frida et était une plus grande star à l'époque, Monsieur Weinstein est allé outre l'avis d'autres investisseurs et a soutenu Salma pour le premier rôle», a affirmé la porte-parole du producteur en disgrâce, affirmant que «comme dans la plupart des projets collaboratifs, il y a eu des frictions créatives sur Frida, mais [que] cela a permis d'amener le projet à la perfection».

Harvey Weinstein «ne se souvient pas d'avoir mis la pression sur Salma» pour qu'elle tourne la scène nue «et n'était pas là au moment du le tournage», a encore assuré la porte-parole de l'ancien magnat d'Hollywood. Une centaine de femmes ont accusé Harvey Weinstein de harcèlement, d’agression sexuelle ou de viol depuis les révélations du New York Times, début octobre. Trois enquêtes sont en cours à Londres, New York et Los Angeles.