Turquie: Le gouvernement d’Erdogan aurait retiré 140.000 livres des bibliothèques

CENSURE Les ouvrages ont été retirés parce qu’ils feraient la promotion du principal opposant du président turc Recep Tayyip Erdogan…  

20 Minutes avec agence

— 

Le gouvernement turc a retiré près de 140.000 livres de ses bibliothèques, accusés de faire la promotion des opposants d'Erdogan.
Le gouvernement turc a retiré près de 140.000 livres de ses bibliothèques, accusés de faire la promotion des opposants d'Erdogan. — Pixabay/StockSnap

Les opposants à Recep Tayyip Erdogan ont la vie dure. En témoigne le nouveau coup de force du gouvernement turc qui a annoncé avoir retiré près de 140.000 livres depuis juin 2016, rapporte le site ActuaLitté. La raison ? Ces ouvrages mettaient en avant les idées de Fethullah Gülen, principal opposant du président, exilé aux Etats-Unis.

Des publications « retirées d’urgence »

C’est le ministre de la Culture turc qui a annoncé la nouvelle, après qu’un député de l’opposition a posé une question. « Les publications sur le mouvement Gülen et Fethullah Gülen, ainsi que celles de maisons d’édition fermées par décret du gouvernement, présentes dans les 1.142 bibliothèques placées sous notre juridiction, ont été retirées d’urgence », a ainsi déclaré Numan Kurtulmuş.

Parmi les quelque 139.141 livres détruits figureraient des œuvres de Baruch Spinoza, Albert Camus ou Louis Althusser, entre autres. Ils sont accusés d’avoir fait partie d’organisations considérées comme terroristes.

>> A lire aussi : La justice turque convoque un deuxième employé du consulat américain

Fermetures de maisons d’édition

La paranoïa du régime turc est poussée à son paroxysme. Pour preuve, le gouvernement aurait fait retirer un manuel de mathématiques dont l’énoncé d’un problème parlait d’un « point F » et d’un « point G », estimant qu’il s’agissait d’une référence au principal opposant du président…

De son côté, la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques s’est dite très préoccupée par le geste du gouvernement. Sans oublier que depuis le mois de juin 2016, un décret gouvernemental a obligé une trentaine de maisons d’édition de fermer leurs portes.

>> A lire aussi : Loup Bureau de retour en France reste sous la menace de la justice turque