VIDEO. La Corée du Nord accuse les Etats-Unis de «chantage nucléaire»

COREE DU NORD Lors de la visite d'un haut responsable de l'ONU, Pyongyang a par ailleurs accepter de «régulariser les communications par des visites à divers niveaux»...

20 Minutes avec AFP

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Feux d'artifice en Corée du Nord le 1er décembre 2017 pour fêter le dernier tir de missile intercontinental.
Feux d'artifice en Corée du Nord le 1er décembre 2017 pour fêter le dernier tir de missile intercontinental. — AFP PHOTO/KCNA VIA KNS

La Corée du Nord a accusé les Etats-Unis de «chantage nucléaire» lors de discussions avec un haut responsable de l'ONU, mais a accepté de communiquer régulièrement avec l'organisation mondiale, a annoncé l'agence nord-coréenne.

Le diplomate américain Jeffrey Feltman, secrétaire général adjoint des Nations unies aux Affaires politiques, est arrivé samedi à Pékin après une visite de cinq jours à Pyongyang visant à désamorcer la crise dans la péninsule coréenne. Cette visite exceptionnelle a débuté une semaine après le lancement le 28 novembre par Pyongyang d'un missile balistique intercontinental (ICBM) capable selon des experts d'atteindre le territoire continental des Etats-Unis.

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Lors de sa visite - la première d'un diplomate de l'ONU à cette fonction depuis 2010 -, Jeffrey Feltman a rencontré le ministre des Affaires étrangères Ri Yong-Ho et son vice-ministre Pak Myong-Kuk, a annoncé l'agence de presse officielle nord-coréenne, KCNA. «Au cours de ces entretiens, notre partie a déclaré que la politique d'hostilité des Etats-Unis envers la RPDC et leur chantage nucléaire sont responsables de l'actuelle situation de tension dans la péninsule coréenne», a déclaré l'agence.

Le secrétaire général adjoint des Nations unies aux Affaires politiques, Jeffrey Feltman, serre la main du ministre des Affaires étrangères nord-coréen Ri Yong-Ho, à Pyongyang le 7 décembre 2017.
Le secrétaire général adjoint des Nations unies aux Affaires politiques, Jeffrey Feltman, serre la main du ministre des Affaires étrangères nord-coréen Ri Yong-Ho, à Pyongyang le 7 décembre 2017. - Kim Won-Jin / AFP

 

«Prévenir les erreurs de calcul et réduire les risques de conflit»

Par ailleurs, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, nom officiel de la Corée du Nord) s'est mise d'accord avec l'ONU «pour régulariser les communications par des visites à divers niveaux», a rapporté KCNA.

Dans un communiqué publié samedi à New York, l'ONU, qui ne mentionne pas cette décision de futures visites «à divers niveaux», indique que les deux parties sont «tombées d'accord pour considérer que la situation actuelle était le problème de paix et de sécurité le plus tendu et le plus dangereux dans le monde aujourd'hui».

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Soulignant «le besoin urgent de prévenir les erreurs de calcul et d'ouvrir des canaux afin de réduire les risques de conflit», Jeffrey Feltman a déclaré que la communauté internationale était déterminée à trouver une solution pacifique. Il a par ailleurs «souligné la nécessité d'une application totale des résolutions du Conseil de sécurité. Il a aussi dit que la solution» à la crise dans la péninsule coréenne «ne pouvait être que diplomatique via un processus de dialogue sincère», selon le communiqué.

«Il faut sortir du "trou noir d'hostilité" où est plongée la péninsule»

L'agence nord-coréenne n'a mentionné aucune rencontre avec le numéro un nord-coréen Kim Jong-Un, sous la direction duquel sont menés des programmes nucléaire et balistique avec pour but déclaré de doter Pyongyang d'un missile capable de frapper les Etats-Unis avec une tête nucléaire.

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La péninsule coréenne «reste engluée dans un cercle vicieux de démonstrations de force et de confrontations, les perspectives ne sont pas optimistes», s'est désolé le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, dans un long texte publié samedi sur le site du ministère.

«Mais l'espoir de paix n'a pas encore disparu, la perspective de négociations survit, et le choix d'une intervention militaire ne peut être accepté», a-t-il insisté dans ce discours prononcé le 5 décembre lors d'un séminaire de recherches à Pékin, avant de défendre l'idée d'un «double moratoire». «Il faut faire les premiers pas pour sortir du "trou noir d'hostilité" où est plongée la péninsule, et établir les conditions nécessaires d'une reprise du dialogue», a fait valoir Wang Yi.