Brexit: Quatre questions pour comprendre l'accord trouvé vendredi

NEGOCIATIONS La Commission européenne et le Royaume-Uni ont conclu vendredi un accord de principe sur les droits dossiers prioritaires de leur séparation…

T.C.

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Theresa May a rencontré ce vendredi à Bruxelles Jean-Claude  Junker et Michel Barnier
Theresa May a rencontré ce vendredi à Bruxelles Jean-Claude Junker et Michel Barnier — Eric Vidal/AP/SIPA
  • La Commission européenne et le Royaume-Uni sont tombés d’accord vendredi sur la première phase des négociations du Brexit.
  • Cet accord ouvre la voie à la discussion sur leur future relation.

Ça y est. Huit mois après que Theresa May a officiellement formalisé l’intention de son pays de sortir de l’Union européenne, la commission européenne et le Royaume-Uni ont enfin trouvé un accord de principe sur les trois dossiers prioritaires de leur séparation : la facture du divorce, l’avenir de la frontière entre l’Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, et les droits des expatriés après le Brexit. La commission a estimé que les « progrès suffisants » avaient été réalisés. 20 Minutes fait le point.

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Pourquoi cet accord a-t-il été si long à trouver ?

Après des mois de lents progrès, les événements se sont accélérés ces derniers jours. « C’est une situation inédite, ce n’était jamais arrivé. La marche à suivre s’est donc construite au fur et à mesure », explique à 20 Minutes Emmanuelle Reungoat, maître de conférences en sciences politiques à l’université de Montpellier et chercheuse au Cepel. « Il y avait aussi de multiples enjeux : économiques, de frontières, notamment celle avec l’Irlande, et celle des résidents européens au Royaume-Uni », ajoute-t-elle.

Quelle est la suite ?

Le processus « va être encore long », estime Emmanuelle Reungoat. L’accord trouvé vendredi ne constitue « qu’une première étape, mais cette négociation était celle qui portait sur les aspects les plus sensibles. A commencer par la question budgétaire », explique à L’Obs Olivier Costa, chercheur au CNRS. Cet accord doit encore être validé lors d’un sommet européen le 15 décembre à Bruxelles par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, ce qui ouvrira la voie à une seconde phase de négociations.

C’est quoi cette histoire de période de transition ?

Une discussion sur une éventuelle période de transition, telle que demandée par la Première ministre britannique Theresa May, pourrait ensuite débuter dès le début de l’année prochaine, a affirmé le négociateur en chef de la Commission Michel Barnier. Les négociations sur la future relation entre l’UE à 27 et Londres commenceront « un peu plus tard », a-t-il ajouté.

Le retrait officiel du Royaume-Uni doit survenir le 29 mars 2019. « Il est certain que l’on n’aura pas terminé en mars 2019 », explique à Europe 1 Pascale Joannin, directrice générale de la Fondation Robert Schuman. Cette période de transition permettra de finaliser les traités, et au Royaume-Uni de continuer à commercer librement avec le bloc européen. Cette période sera « courte et encadrée » a indiqué Michel Barnier, le négociateur en chef de la Commission. « Nous seront prêt à discuter de cela, mais évidemment nous avons nos conditions », a ajouté Donald Tusk, le président du Conseil européen.

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Comment s’annoncent les discussions ?

« Les prochaines étapes vont être évidemment très difficiles », a d’ores et déjà averti Michel Barnier. « Tout le monde n’a pas encore bien compris qu’il y a des points qui ne seront pas négociables : l’intégrité du marché unique ne sera pas négociable, les quatre libertés [à savoir la libre circulation des biens, des capitaux, des services et des personnes] ne seront pas négociables, l’autonomie dans nos prises de décision ne sera pas négociable », a-t-il insisté. « Le Royaume-Uni a longtemps été dans l’UE avec un pied dehors. Maintenant, il faut dessiner un futur où il sera dehors avec un orteil dedans », estime Pascale Joannin.