Le gouverneur de l'Etat de New York mêlé à un réseau de prostitution

DE NOTRE CORRESPONDANT Spectaculaire explosion en vol. Eliot Spitzer, «sheriff» de Wall Street et étoile montante des démocrates...

Gilles Bouvaist, à New York

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New York Governor Eliot Spitzer addresses the media with his wife Silda Wall Spitzer at his office in New York, March 11, 2008. Spitzer apologized to his family for a "private matter" on Monday but made no reference to a New York Times report that he may have been linked to a prostitution ring. "I failed to live up to the standards I set up to myself. Now I stand to regain the trust of my family," Spitzer told a packed room of reporters in New York City. He said nothing about possibly resigning. He said nothing about possibly resigning.  REUTERS/Shannon Stapleton   (UNITED STATES)
New York Governor Eliot Spitzer addresses the media with his wife Silda Wall Spitzer at his office in New York, March 11, 2008. Spitzer apologized to his family for a "private matter" on Monday but made no reference to a New York Times report that he may have been linked to a prostitution ring. "I failed to live up to the standards I set up to myself. Now I stand to regain the trust of my family," Spitzer told a packed room of reporters in New York City. He said nothing about possibly resigning. He said nothing about possibly resigning.  REUTERS/Shannon Stapleton   (UNITED STATES) — REUTERS/Shannon Stapleton

L’explosion en vol est des plus spectaculaires: Eliot Spitzer, le gouverneur démocrate de l’Etat de New York, serait impliqué en tant que client dans un réseau de prostitution de luxe, Emperors club VIP, démantelé la semaine dernière, selon le New York Times.

«Client n°9»

D’après l’agence Associated press, les autorités fédérales auraient recueilli des preuves lors d’écoutes téléphoniques, où le FBI le désignerait en tant que «client n°9».

Selon les premiers éléments de l’enquête révélés la presse new-yorkaise, il aurait fait venir depuis New York une prostituée du réseau dans un hôtel de Washington la veille de la Saint-Valentin. Selon le site Internet, aujourd’hui fermé, du réseau, les tarifs d’une heure de passe pouvaient atteindre jusqu’à 5.500 dollars (3.584 euros).

Démission inévitable

Eliot Spitzer s’est adressé brièvement à la presse, aux côtés de sa femme Silda, lundi après-midi, sans annoncer formellement une démission qui semble inévitable. «Je m’excuse d’abord auprès de ma famille et je m’excuse auprès du public auquel j’avais promis mieux (…). J’ai agi d’une façon qui a violé mes obligations à l’égard de ma famille et de mon propre sens du bien et du mal.». Il est le père de trois enfants.
Eliot Spitzer, 48 ans, avait été élu en 2006 avec l’image d’un chevalier blanc venu rétablir l’ordre dans un Etat décrié pour ses affrontement partisans et sa perméabilité aux influences de nombreux groupes d’intérêt.

Du sheriff de Wall Street au démocrate embarrassant

Mais Spitzer, vite catalogué comme étoile montante du parti démocrate, a dilapidé en quelques mois son capital électoral dans une série de polémiques contre les puissants élus républicains du Sénat de l’Etat de New York.
En septembre dernier, sa proposition d’octroyer des permis de conduire aux immigrants illégaux avait suscité un véritable tollé en plein débat très tendu sur l’immigration. Elle avait aussi mis Hillary Clinton dans l’embarras lorsque la question de son soutien à ce plan lui fut posée lors d’un débat pendant les primaires démocrates.

Moins d’un an après son élection, en novembre 2007, son taux d’approbation était tombé à 33%.

Procureur général de l’Etat de New York de 1999 à 2006, il s’était fait une réputation de sheriff de Wall Street en attaquant les pratiques frauduleuses de sociétés financières. Parmi les têtes coupées, l’ancien patron du New York Stock Exchange, Dick Grasso. Autant d’ennemis qui se réjouissent aujourd’hui de son autodestruction aussi brutale qu’inattendue.