Malte: Dix arrestations dans l'enquête sur l'assassinat d'une journaliste

ENQUETE Souvent qualifiée de « WikiLeaks à elle toute seule », Daphne Caruana Galizia avait révélé certains des pans les plus sombres de la politique maltaise…

20 Minutes avec AFP

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Une photo prise le 27 avril 2017 de la blogueuse et journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia, assassinée le 16 octobre 2017.
Une photo prise le 27 avril 2017 de la blogueuse et journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia, assassinée le 16 octobre 2017. — MATTHEW MIRABELLI / AFP

L’enquête sur l'assassinat de la journaliste et blogueuse anticorruption Daphne Caruana Galizia a pris un nouveau tournant ce lundi. Dix personnes, toutes maltaises, ont été arrêtées, a annoncé ce lundi le Premier ministre maltais, Joseph Muscat.

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« J’ai été informé d’une opération de sécurité menée ce matin » dans le cadre de l’enquête sur la mort de Daphne Caruana Galizia, 53 ans, tuée le 16 octobre par l’explosion d’une bombe sous sa voiture a expliqué Joseph Muscat dans un communiqué.

Des perquisitions en cours

« Au cours de cette opération, huit personnes ont été arrêtées, soupçonnées d’être impliquées dans le meurtre », a-t-il ajouté. « Les huit personnes arrêtées sont toutes maltaises, parmi elles se trouvent des individus connus de la police ». Un peu plus tard dans la matinée, Joseph Muscat a ajouté sur Twitter que deux autres personnes avaient été arrêtées et que des perquisitions étaient en cours.

Les suspects ont été placés en garde à vue et la police a 48 heures pour décider de les déférer ou non en justice, auquel cas les forces de l’ordre se chargeront de fournir plus d’informations à la presse, a précisé Joseph Muscat.

« WikiLeaks à elle toute seule »

Le Premier ministre a aussi rappelé que les enquêteurs maltais avaient bénéficié de l’aide de la police fédérale américaine (FBI), d’Europol et de la police finlandaise. Souvent qualifiée de « WikiLeaks à elle toute seule », Daphne Caruana Galizia avait révélé certains des pans les plus sombres de la politique maltaise, s’en prenant avec virulence à Joseph Muscat et plus récemment aussi au chef de l’opposition.

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Après sa mort, ses fils ont réclamé la démission de Joseph Muscat, l’accusant de s’être entouré d’escrocs et d’avoir créé une culture d’impunité ayant transformé Malte en « île mafia ». Dans un communiqué publié la semaine dernière, la famille de Daphne Caruana Galizia a encore accusé d’hypocrisie Joseph Muscat et son ministre de la Justice : « Vous mentez quand vous dites que votre résolution à faire juger les coupables est maximale. Ce n’est pas le cas, elle est au niveau zéro ».