L'ETA joue les trouble-fête électoraux

(Avec AFP) - ©2008 20 minutes

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Pour la deuxième fois en quatre ans, l'Espagne vote en état d'alerte terroriste maximum. Déjà, en 2004, le scrutin avait été marqué par des attentats attribués à l'organisation terroriste Al-Qaïda. Ils avaient eu pour conséquence la victoire de l'actuel chef de gouvernement, José Luis Zapatero contre le Premier ministre de l'époque José Maria Aznar (Parti populaire, PP). Cette fois, c'est l'ETA, l'organisation séparatiste basque, qui serait à l'origine de l'assassinat, vendredi, d'un ex-élu socialiste de la ville de Mondragon, au Pays Basque, Isaias Carrasco. Un événement qui risque, une fois encore, de peser dans les urnes.

Hier, quelque 35 millions d'Espagnols étaient appelés à élire les 350 députés de leur parlement au suffrage universel direct sur liste à un tour, et une partie du Sénat (208 sièges sur un total de 264). En jeu, le maintien au pouvoir du socialiste (PSOE) Zapatero, légèrement favori, ou le retour de la droite (Parti populaire, PP) dirigée par Mariano Rajoy.

Pour la presse espagnole, notamment El Mundo, il apparaissait possible hier que les images des funérailles de Carrasco, samedi à Mondragon, fassent basculer le vote à gauche. Mais, pour le quotidien de centre-droit, qui évoque Rajoy et sa ferme opposition aux négociations manquées du gouvernement socialiste avec l'ETA en 2006, « il serait paradoxal que celui qui avait raison sur le fond subisse un préjudice quand le temps lui a tragiquement donné raison ».