Syrie: Les pourparlers de Genève démarrent enfin

DISCUSSIONS L’ONU estime qu’il faudra au moins 250 milliards de dollars pour reconstruire ce pays

20 Minutes avec AFP

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L'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura au siège de l'ONU à Genève, le 6 septembre 2017.
L'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura au siège de l'ONU à Genève, le 6 septembre 2017. — Martial Trezzini/AP/SIPA

Les difficiles pourparlers de Genève sur la Syrie ont pu enfin démarrer mercredi, avec l’arrivée de la délégation du gouvernement de Damas, qui avait retardé sa venue pour manifester son mécontentement.

Le régime de Damas, fort de ses victoires militaires contre les rebelles et les djihadistes, n’avait pas apprécié que l’opposition réclame une nouvelle fois publiquement le départ du président Bachar al-Assad​.

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L’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui a déjà organisé sans succès sept cycles de discussions depuis 2016, a eu son premier entretien officiel avec le chef de la délégation gouvernementale, l’ambassadeur syrien à l’ONU Bachar al-Jaafari, en fin d’après-midi au Palais des Nations, siège de l’ONU. Il devait ensuite rencontrer dans la soirée la délégation de l’opposition, dirigée par Nasr Hariri, avec laquelle il s’était déjà entretenu la veille.

Changement subtil

Il espère pouvoir centrer les discussions avec le régime et l’opposition sur la rédaction d’une nouvelle Constitution et l’organisation d’élections sous l’égide de l’ONU, deux thèmes acceptables pour Damas. Le médiateur compte y parvenir grâce à la présence, pour la première fois, d’une seule et unique délégation représentant toutes les composantes de l’opposition, dont les éléments les plus extrémistes ont été écartés.

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Le gouvernement syrien a clairement averti qu’il était hors de question de discuter de l’avenir du président Assad, un sujet ultrasensible qui a fait capoter toutes les précédentes réunions à Genève. Dans le communiqué final de la réunion la semaine dernière à Ryad où a été négocié l’accord sur une délégation unique, l’opposition a subtilement modifié son discours sur ce point, en n’exigeant plus le départ immédiat du président Assad, mais en soulignant qu’il s’agissait d’un « objectif » à atteindre.

« Flexible »

En septembre, Staffan de Mistura avait sèchement appelé l’opposition à être « assez réaliste pour comprendre qu’elle n’a pas gagné la guerre ». Le message est peut-être passé auprès de Nasr Hariri lors de son entretien mardi à l’ONU. Et selon un diplomate européen qui suit ces négociations, les pays de la coalition qui soutiennent l’opposition l’encouragent également à se montrer plus « flexible ».

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« Nos discussions avec M. de Mistura portent spécifiquement sur le processus de rédaction d’une nouvelle Constitution et la tenue d’élections », a ainsi affirmé mercredi à l’AFP un membre de l’opposition.

Au moins 250 milliards de dollars pour reconstruire le pays

De son côté, la Russie, qui est venue au secours du régime syrien en entrant militairement dans le conflit fin 2015, souhaite un règlement politique. Le président russe Vladimir Poutine a multiplié avec succès les initiatives diplomatiques, avec l’aide de l’Iran, autre soutien de Damas, et de la Turquie, soutien des rebelles. Mais il sait qu’il a besoin de l’ONU pour pousser ses pions et sauvegarder ses intérêts en Syrie.

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Après plus de 6 années de conflit, qui ont fait plus de 340.000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés, l’ONU estime qu’il faudra au moins 250 milliards de dollars pour reconstruire ce pays. Ces pourparlers interviennent en outre alors que la situation humanitaire dans la Ghouta orientale, région rebelle assiégée en périphérie de Damas, est dramatique. « Le taux d’enfants de moins de cinq ans souffrant de sévère malnutrition est de 11,9 %, soit le plus haut taux jamais enregistré en Syrie depuis le début de la guerre », a alerté mercredi l’Unicef.