Esclavage en Libye: Emmanuel Macron évoque des «opérations policières» sur place

LIBYE Le président a souligné qu'« il ne s’agit pas de déclarer la guerre »…

20 Minutes avec AFP

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Le président de la République Emmanuel Macron, le 13 avril 2017 à Paris
Le président de la République Emmanuel Macron, le 13 avril 2017 à Paris — Virginia Mayo/AP/SIPA

Une réunion en urgence se tenait ce mercredi soir entre la France, l'Allemagne, le Niger, le Tchad, le Maroc, l’ONU, l’Union africaine et l’Union européenne sur la lutte contre les trafiquants de migrants vendus comme esclaves en Libye, a annoncé Emmanuel Macron.

« Il faut une action de protection immédiate et massive pour les populations en danger » en Libye, a plaidé Emmanuel Macron devant les quelque 80 chefs d’Etat et de gouvernement réunis au sommet Europe-Afrique d’Abidjan.

Des actions militaires et policières sur le terrain

« C’est une initiative pour lancer des actions militaires et policières sur le terrain pour démanteler ces réseaux », a-t-il expliqué dans une interview à France 24 et Radio France Internationale, ajoutant qu'« il ne s’agit pas de déclarer la guerre ».

Le président français souhaite aussi, « dans le cadre de l’ONU, procéder à des sanctions individuelles, financières et de contrainte physique » contre les passeurs « et les juger », car ils sont aussi « liés à réseaux terroristes ».

Les images de CNN montrant une vente aux enchères de migrants comme esclaves en Libye ont déclenché une indignation internationale, devenue l’un des sujets majeurs du sommet d’Abidjan.

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« Nous avons dès fin août lancé une action en lien avec le Haut-commissariat (des Nations unies) aux réfugiés pour protéger et apporter l’asile à ces femmes et ces hommes qui y ont droit, en partenariat avec le Niger et le Tchad. Nous devons aller plus loin et accélérer le programme de rapatriement volontaire vers leur pays d’origine » pour ceux qui n’ont pas droit à l’asile, avec l’OIM (Office international des migrations), a ajouté le président Macron.

Macron exhorte ses homologues à agir

« J’entends ceux qui disent que l’Europe est responsable de cette situation. Mais en Libye, la traite d’êtres humains est faite contre des Africains par des Africains », a-t-il lancé devant ses homologues, les exhortant à agir plutôt que de se « renvoyer les responsabilités ».

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De nombreux chefs d’Etat présents au sommet ont également appelé mercredi à intervenir pour mettre fin à cette situation, qui renforce leur volonté d’empêcher l’exode des jeunes Africains en aidant à créer des opportunités économiques pour la jeunesse.

La pauvreté et le chômage les « jettent par dizaine de milliers sur les routes qui les mènent vers la mort et l’esclavage. Je m’adresse à vous horrifié et hanté par les images des migrants africains vendus aux enchères sur le territoire libyen », a déclaré Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine.