Inde: Une actrice de Bollywood menacée de mort par un élu extrémiste hindou

MENACES L’élu hindou Suraj Pal Amu promet 1,5 million de dollars pour la tête de la star de Bollywood Deepika Padukone…

20 Minutes avec agence

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L'actrice Deepika Padukone, ici au festival de Cannes en mai 2017, est menacée de mort par un élu extrémiste hindou.
L'actrice Deepika Padukone, ici au festival de Cannes en mai 2017, est menacée de mort par un élu extrémiste hindou. — Arthur Mola/AP/SIPA

Deepika Padukone, l’une des actrices les mieux payées de Bollywood, est la cible de nombreuses menaces de mort en Inde. Âgée de 31 ans, la star est l’héroïne principale du film Padmavati où elle incarne la reine indienne Rani Padmini.

Mais son interprétation, de même que le scénario romancé du film, ont déplu à un membre du parti nationaliste indien qui a mis à prix la tête de la comédienne et celle du réalisateur, rapporte Slate.

L’adaptation d’un poème

Adaptation d’un poème indien du XIVe siècle écrit par un musulman soufi, le long-métrage raconte l’histoire de la reine hindoue Rani Padmini qui, refusant de se soumettre à l’empereur musulman Alâ ud-Dîn Khaljî, préféra s’immoler sur le bûcher funéraire de son mari.

Problème, selon ses détracteurs, le film prête à la vertueuse reine une liaison romantique avec un occupant musulman soufi. Malgré les dénégations du réalisateur, le sang des sympathisants du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP) n’a fait qu’un tour.

Violences et menaces de mort

Accusant le cinéaste de déformer et souiller l’histoire du pays, les extrémistes ont envahi le lieu de tournage pour violenter et menacer de mort des membres de l’équipe. Le metteur en scène a été contraint de couper certaines scènes et la sortie du film, prévue au départ le 1er décembre, a dû être repoussée.

Mais décidément, la surenchère est la chose la mieux partagée par les intégrismes de tous bords… Le leader du BJP, Suraj Pal Amu, s’est donc fendu d’un nouvel anathème.

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Il offre 1,5 million de dollars

Après avoir estimé que les « femmes démoniaques » doivent « se faire couper le nez », il a annoncé qu’il offrirait 1,5 million de dollars à quiconque aurait la tête de la comédienne, Deepika Padukone, ainsi que celle du réalisateur, Sanjay Leela Bhansali.

Avant de s’excuser de ses écarts de langage, il a pris la peine de préciser que « la jeune caste guerrière de ce pays a le pouvoir de brûler tous les cinémas ». La police indienne aurait proposé à l’actrice et au cinéaste une garde rapprochée.

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