Une si longue course

SLATE Paradoxalement, la plus longue primaire américaine de l'histoire a dynamisé le parti démocrate...

Christopher Beam. Traduction 20minutes

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De l'avis de son propre mari l'ex-président Bill Clinton, soit Mme Clinton remporte les primaires à la fois du Texas (sud) et de l'Ohio (nord), et elle peut poursuivre sa campagne, soit elle perd tout espoir de combler l'écart avec M. Obama.
De l'avis de son propre mari l'ex-président Bill Clinton, soit Mme Clinton remporte les primaires à la fois du Texas (sud) et de l'Ohio (nord), et elle peut poursuivre sa campagne, soit elle perd tout espoir de combler l'écart avec M. Obama. — J.D. Pooley AFP/GETTY IMAGES

On l’entend partout ces jours-ci : les démocrates veulent que cette course se termine – et les supporters d’Obama certainement encore davantage. Les républicains ont choisi leur homme, alors on pense qu’il est temps aussi pour les démocrates d’en finir.

Mais c’est oublier trop vite à quel point la plus longue primaire de l’histoire a dynamisé le parti démocrate. Selon une estimation, la participation lors de la primaire du Texas a dépassé côté démocrate les 3,6 millions. A comparer avec les 2,8 millions de Texans qui ont voté pour John Kerry lors de l’élection présidentielle finale en 2004. Sur le coup, j’ai pensé que Hillary Clinton se faisait des illusions quand elle a dit, dans son discours mardi soir, qu’elle pensait que les démocrates pouvaient l’emporter au Texas à la présidentielle. Mais en voyant ces chiffres…

Selon cette logique, plus les primaires traîneront, plus le parti en profitera. Les démocrates vont probablement battre encore des records de participation dans le Wyoming et le Mississipi la semaine prochaine, et en Pennsylvanie en avril. Dans les « swing states », les Etats indécis, les très énergisants nouveaux électeurs démocrates s’avérer décisifs le jour de l’élection finale.

La question: combien de temps la course peut-elle encore se poursuivre sans que les candidats ne commencent vraiment à se taper dessus? Certes, c’est super que de nouveaux électeurs se mobilisent dans le Dakota du Sud, mais à quel prix ? Les victoires d’Hillary dans l’Ohio et au Texas sont en partie dues à ses vives attaques contre Obama. Et cette dernière semaine pourrait paraître bien fade par rapport à ce qui nous attend dans les mois qui viennent.

Nul doute, il y a un compromis à trouver. Une situation qui satisfait certains membres de la direction du parti, notamment Howard Dean, le chef des démocrates. Sa «stratégie des 50 Etats» (Ndlt : ne pas se concentrer que sur les Etats décisifs mais sur tout le pays) a attiré vers lui beaucoup de mépris de l’establishment démocrate. Mais elle a aussi préparé le terrain aux longues primaires de cette année. Dean lui-même n’aurait certainement pas pu mieux écrire l’histoire. De quoi énerver ceux qui en appellent désormais à la solidification d’un candidat. Mais en terme de construction du parti, l’effet pourrait être énorme.

Posté mercredi 5 mars sur Slate.