La crise est «terminée» en Amérique latine

Sa. C. avec agence

— 

Jeudi à Saint-Domingue, M. Uribe, avant un entretien avec le président dominicain Leonel Fernandez, a déclaré ironiquement à la presse: "Donnez-moi une chance de me confesser auprès du président Fernandez".
Jeudi à Saint-Domingue, M. Uribe, avant un entretien avec le président dominicain Leonel Fernandez, a déclaré ironiquement à la presse: "Donnez-moi une chance de me confesser auprès du président Fernandez". — Eitan Abramovich AFP
Les présidents équatorien et colombien ont affirmé ce vendredi au sommet du Groupe de Rio à Saint-Domingue que la crise était terminée en Amérique latine.

Un peu plus tôt, Hugo Chavez avait présenté des preuves de vie de six otages détenus par la guérilla des Forces révolutionnaires armées de Colombie (Farc).

«Nous avons reçu des preuves de vie de six nouveaux citoyens colombiens aux mains de la guérilla», a déclaré le président vénézuélien, précisant que ces otages étaient des policiers et des militaires.

Il a par ailleurs estimé qu'il était encore temps d'«arrêter le tourbillon» de la crise en Amérique latine. La Colombie n’a pas mis l’Equateur dans la confidence de son opération militaire, qui s'est conclue par la mort de Raul Reyes, numéro deux des Farc samedi, par souci de discrétion. Le président colombien Alvaro Uribe a reconnu n'avoir pas prévenu le président équatorien Rafael Correa du raid transfrontalier contre les Farc, afin de ne pas faire échouer l'opération. Cette opération, considérée comme une violation de son territoire par l’Equateur, a provoqué une crise, dimanche, qui n’était toujours pas résolue ce vendredi.

Uribe demanderait pardon


«Je suis prêt à demander pardon, car nos hélicoptères sont entrés» en territoire équatorien, a affirmé Uribe, lors du sommet, soulignant avoir dû «prendre en compte la réalité militaire».

Le président a justifié le raid au cours duquel Raul Reyes a été tué en même temps qu'une vingtaine de guérilleros, déclarant qu'il s'agissait d'une opération contre «l'un des plus sombres terroristes de l'histoire de l'humanité». «Nous n'avons pas eu la coopération du président Correa en matière de lutte contre le terrorisme», a-t-il encore affirmé.

Des «mensonges» pour Correa

«Je ne peux pas accepter les mensonges d'Uribe», a lancé Correa qui, accusé par le président colombien d'entretenir des liens avec guérilla des Farc, affirme qu'il n'a «pas les mains tachées de sang». «Je rejette cette infamie (selon laquelle) mon gouvernement collabore avec les Farc», a-t-il déclaré en s'adressant à Uribe.

«Rien ne justifie cette agression et nous attendons une condamnation», a-t-il encore déclaré. Et d’ajouter, à l’attention d’Alvaro Uribe: «Engagez-vous à ne plus jamais agresser un pays frère et arrêtez ces mensonges».

Sommet explosif

Alors que l’Amérique latine est en pleine guerre diplomatique, qui oppose notamment l’Equateur et le Venezuela à la Colombie, les chefs d’Etat des trois pays sont réunis, vendredi, en République dominicaine, pour le sommet du Groupe de Rio. Un sommet qui s’annonce d’ores et déjà explosif: jeudi, Rafael Correa a assuré que le président colombien était au courant que les Farc allait libérer, en mars, un groupe de 12 otages, dont Ingrid Betancourt. Arrivé jeudi soir en République dominicaine, Correa a exigé que le Groupe de Rio «condamne clairement l'agression colombienne».