Un ex-élu socialiste tué par balles au Pays Basque

ESPAGNE A deux jours des élections législatives espagnoles...

Sa. C. avec agence

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A proximité du domicile d'Isaias Carrasco, ex-élu socialiste espagnol tué le 7 mars 2008 à Mondragon
A proximité du domicile d'Isaias Carrasco, ex-élu socialiste espagnol tué le 7 mars 2008 à Mondragon — REUTERS/Vincent West
Un ancien élu local socialiste est mort, vendredi midi, après avoir été visé par des tirs d'arme à feu au Pays Basque espagnol, a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère régional basque de l'Intérieur.

«
Acte sauvage»

Le chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero a déclaré vendredi que l'Espagne ne laisserait pas l'ETA «interférer» dans «la pacifique volonté des citoyens convoqués aux urnes».

Le chef du gouvernement autonome basque, Juan José Ibarretxe, a condamné cet assassinat. «C'est un acte sauvage, point», a-t-il affirmé lors d'une déclaration aux médias, ajoutant que l'organisation indépendantiste basque armée avait «endeuillé» le Pays Basque. «Nous en avons ras-le-bol de la violence de l'ETA, a-t-il poursuivi. L'ETA a définitivement perdu le nord. Nous en avons assez qu'elle agresse le peuple basque en assassinant nos enfants et en tachant notre nom».

Campagne suspendue

Le Parti socialiste espagnol (PSOE) et le Parti populaire (PP) ont décidé immédiatement de suspendre la campagne électorale qui devait s'achever vendredi à minuit, ont indiqué des porte-parole respectifs de ces partis à l'AFP. Les élections se tiendront dimanche comme prévu. De son côté, le leader de la droite espagnole, Mariano Rajoy, a lancé un appel à l'unité des Espagnols «pour vaincre l'ETA».

L'élu se déplaçait sans garde du corps

«On vient de nous confirmer qu'il est décédé», a déclaré ce porte-parole joint au téléphone depuis Madrid. «Il s'agirait d'un ancien élu socialiste de Mondragon», la localité basque où la fusillade s'est produite, a-t-il ajouté.

Selon les médias espagnols, la victime serait Isaias Carrasco, ancien conseiller municipal de Mondragon qui se déplaçait habituellement sans garde du corps. L'élu aurait reçu 5 balles, dont une dans le cou. Admis à l'hôpital, il aurait succombé à ses blessures quinze minutes après la fusillade. Il aurait été pris pour cible alors qu'il se trouvait sur le pas de sa porte.

Selon le ministre espagnol de l'Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba, ETA est responsable de cet assassinat.

Alerte maximum

Le gouvernement socialiste espagnol avait relevé le 21 février son alerte nationale antiterroriste à son «niveau maximum» pour la période des élections, craignant en particulier que l'ETA ne tente d'influer sur le scrutin en commettant un attentat meurtrier. «Nous croyons que l'ETA va tenter de tuer avant les élections», avait alors déclaré le ministre de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba.

L'ETA a appelé récemment au boycottage des élections législatives espagnoles pour protester contre «l'oppression» de l'Etat espagnol. L'organisation a déjà commis deux attentats au Pays Basque depuis le lancement officiel de la campagne électorale espagnole le 22 février. Le 29 février, une petite bombe avait explosé au siège du Parti socialiste de Derio, sans faire de blessé. Le 23 février, une autre petite bombe avait explosé sans faire de blessé près d'une antenne de télévision. Il s'agissait vraisemblablement d'un piège tendu par l'organisation clandestine pour tuer l'un des policier venus désamorcer l'engin après un appel au nom de l'ETA.