Saint-Martin: Démission du Premier ministre sous pression des Pays-Bas

OURAGAN IRMA A l’origine des tensions, les conditions posées à l’aide de 550 millions d’euros pour reconstruire l’île, pour lutter contre la corruption…

N.Se avec AFP
— 
La partie néerlandaise de Saint-Martin, dévastée après le passage de l'ouragan Irma dans la nuit du 5 au 6 septembre 2017.
La partie néerlandaise de Saint-Martin, dévastée après le passage de l'ouragan Irma dans la nuit du 5 au 6 septembre 2017. — GERBEN VAN ES / DUTCH DEFENSE MINISTRY / AFP

Il n’a pas eu son mot à dire. Le Premier ministre de la partie néerlandaise de l’île de Saint-Martin, William Marlin, a démissionné vendredi sous pression de La Haye, en raison de litiges sur les modalités de l’aide à la reconstruction après le passage meurtrier de  l'ouragan Irma.

>> A lire aussi : Ouragan Irma: Edouard Philippe annonce de nouvelles aides pour Saint-Martin et Saint-Barthélemy

William Marlin a fait cette annonce lors d’une conférence de presse dans la capitale de l’île, Philipsburg, selon les médias néerlandais. « Il a dit qu’il enverrait plus tard sa lettre de démission au gouverneur » de l’île, a rapporté la chaîne de télévision publique néerlandaise NOS. William Marlin sera remplacé par le vice-Premier ministre Rafael Boasman, également titulaire du portefeuille de la Justice.

Plus tôt dans la journée, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte avait annoncé que le gouvernement néerlandais ainsi que les ministres d’Aruba, Curaçao et Saint-Martin, qui siègent ensemble au « Rijksministerraad » (conseil des ministres du Royaume), avaient demandé que William Marlin quitte le pouvoir et soit remplacé.

A l’origine des tensions, les conditions posées à l’aide de 550 millions d’euros

William Marlin avait auparavant refusé de jeter l’éponge bien qu’il eût été confronté à deux reprises ce mois-ci à un vote de défiance au parlement de Saint-Martin après avoir rejeté les conditions dressées par La Haye pour débloquer 550 millions d’euros d’aide à la reconstruction de l’île, où 70 % des infrastructures ont été détruites en septembre par Irma. « Nous avons décidé de demander au gouverneur de Saint-Martin de s’assurer que son Premier ministre soit démis de ses fonctions et remplacé », avait expliqué Mark Rutte au cours de sa conférence presse hebdomadaire.

A l’origine des tensions entre La Haye et William Marlin, les conditions posées à l’aide, qui comprenaient notamment la mise en place d’une chambre spéciale pour superviser l’utilisation des fonds et lutter contre la corruption. « Nous avons pris cette décision parce que nous voulons commencer à reconstruire Saint-Martin (…) Les Pays-Bas sont prêts à aider, mais tout le monde doit s’en tenir aux règles démocratiques du jeu », avait souligné Mark Rutte. William Marlin, connu pour ses discours anti-néerlandais, avait de son côté accusé La Haye de « complot politique » pour l’évincer.

L’île de Saint-Martin est divisée entre les Pays-Bas et la France. Les prochaines élections parlementaires dans la partie néerlandaise doivent avoir lieu en février, mais nombreux sont ceux qui jugent que leur organisation sera difficile après les dommages causés par Irma.