Le Conseil de sécurité de l'ONU ne condamne pas l'attentat de Jérusalem

DIPLOMATIE La Libye s'y est opposée…

Avec agence

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Dans le texte adopté à la quasi-unanimité --14 voix pour, une abstention--, le Conseil a alourdi le régime de sanctions économiques et commerciales qu'il avait mis en place à l'égard de l'Iran dans deux résolutions précédentes, en décembre 2006 (1737) et mars 2007 (1747).
Dans le texte adopté à la quasi-unanimité --14 voix pour, une abstention--, le Conseil a alourdi le régime de sanctions économiques et commerciales qu'il avait mis en place à l'égard de l'Iran dans deux résolutions précédentes, en décembre 2006 (1737) et mars 2007 (1747). — Henny Ray Abrams AFP/Archives

Le Conseil de sécurité n'a pu s'entendre jeudi soir sur un texte condamnant l'attentat meurtrier perpétré contre un institut talmudique à Jérusalem, la Libye ayant insisté pour le lier aux événements de Gaza la semaine dernière.

Selon l'ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, Zalmay Khalilzad, «la question du terrorisme est une question à part et ce qui s'est passé aujourd'hui est clairement un attentat terroriste».

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Il parlait à la presse à l'issue de consultations au Conseil de sécurité qu'il avait convoquées d'urgence à la suite de l'attentat. «Il y a une différence entre le meurtre d'étudiants en religion et les pertes civiles qui se produisent lors d'opérations militaires dont l'intention première n'est pas de tuer des civils», a-t-il affirmé.

Gaza doit-il être lié à la condamnation de l'attentat?

Avant la séance, un diplomate libyen, Ahmed Gebreel, avait indiqué que sa délégation avait l'intention de soulever la question de Gaza lors des discussions. La Libye avait elle-même convoqué le Conseil de sécurité samedi soir, au nom des Etats arabes, pour une réunion d'urgence après une offensive meurtrière de l'armée israélienne à Gaza, qui faisait suite à des tirs de roquettes palestiniens sur son territoire à partir de cette zone.

Le Conseil avait alors condamné ces violences, dans une déclaration, mais n'avait pu s'entendre sur un projet de résolution rédigé par la Libye. Le texte, qui souhaitait condamner en termes durs l'offensive israélienne, s'était notamment heurté à l'opposition américaine.

Jeudi soir, les Etats-Unis ont fait circuler le texte d'une déclaration qu'ils souhaitaient voir adopter par le Conseil, qui aurait «condamné dans les termes les plus forts l'attaque terroriste commise le 6 mars à Jérusalem».

Résolution russe non-adoptée

L'ambassadeur de Russie, Vitaly Tchourkine, qui préside le Conseil en mars, a déploré que le Conseil n'ait pu s'accorder malgré ses efforts pour trouver un compromis. Il a indiqué avoir proposé, en sa qualité de président, «une formule qui aurait exprimé la profonde préoccupation du Conseil devant les pertes en vies civiles dues au conflit israélo-palestinien et condamné en même temps cet attentat terroriste». «Cela n'a pas suffi pour trouver un consensus.» Il a toutefois estimé que l'attentat de Jérusalem «méritait d'être traité à part» et d'être «fermement condamné par le Conseil».

Les représentants d'Israël et de la Libye ont échangé ensuite des mots très durs. «Le Conseil de sécurité a été incapable de parvenir à une décision unanime pour condamner le massacre», a dit l'ambassadeur israélien, Dan Gillerman. «Malheureusement, voilà ce qui se passe quand le Conseil de sécurité est infiltré par des terroristes, le pays qui a bloqué est celui qui vous a donné Lockerbie», a-t-il ajouté.

Le représentant adjoint de la Libye, Ibrahim Al-Dabbashi, a affirmé avoir insisté pour «un texte équilibré condamnant les meurtres à Gaza en même temps que les meurtres à Jérusalem». «Nous n'avons pas besoin d'un certificat de bonne conduite de la part du régime terroriste israélien», a-t-il rétorqué, ajoutant qu'Israël était «le régime le plus terroriste au monde».