Zimbabwe: Mnangagwa s'apprête à prendre le pouvoir et promet des emplois

TRANSITION Il a axé son premier discours sur les réformes économiques dont a cruellement besoin le pays…

20 Minutes avec AFP

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Le nouvelle homme fort de l'ancienne colonie britannique Emmerson Mnangagwa le 22 novembre 2017 à Harare.
Le nouvelle homme fort de l'ancienne colonie britannique Emmerson Mnangagwa le 22 novembre 2017 à Harare. — MARCO LONGARI

Sa tâche est immense. Le nouvel homme fort du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa s’apprête à assurer la délicate succession du président Robert Mugabe qui laisse, après 37 ans de règne sans partage, un pays exsangue auquel l’ex-vice-président a promis des emplois.

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Emmerson Mnangagwa doit prendre officiellement les rênes du pays ce vendredi, selon le président de l’Assemblée, Jacob Mudenda. Agé de 75 ans, le « crocodile », ainsi qu’il est surnommé pour son caractère inflexible, tient sa revanche, après sa tentative d’éviction par l’ex-Première dame Grace Mugabe. Mercredi, quelques heures après son retour d’un bref exil sud-africain, Mnangagwa a réservé son premier discours public de futur président à quelques centaines de partisans enthousiastes réunis devant le siège du parti au pouvoir, la Zanu-PF.

Une économie en piteux état

« Aujourd’hui, nous sommes les témoins du début d’une nouvelle démocratie », a-t-il lancé, avant d’appeler « tous les patriotes du Zimbabwe […] à travailler ensemble ». « Nous voulons relancer notre économie, nous voulons des emplois », a promis Mnangagwa. « Je me fais le serment d’être votre serviteur », a-t-il assuré.

Robert Mugabe a laissé derrière lui une économie en piteux état, détruite par ses réformes dévastatrices. L’activité y tourne au ralenti, l’argent manque, le chômage est fort, et le spectre de l’hyperinflation rode.

Un manque d’argent liquide et de dollars amércains

« J’étais presque en pleurs en écoutant notre nouveau président. Il m’a redonné l’espoir », dit McDonald Mararamire, un chômeur de 24 ans, « espérons que ses promesses se concrétisent ». « Les dollars américains doivent revenir », affirme Talent Chamunorwa, qui travaille dans le bâtiment, en référence au manque chronique d’argent liquide qui étreint le pays.

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« Ce que je désire ardemment, c’est que le camarade Mnangagwa, notre père, crée des emplois », a souhaité Munyaradzi Zovemhunu, 34 ans, contraint de vendre des fleurs pour vivre. Dans le pays, tous ne partagent pas son optimisme et certains redoutent même que l’euphorie ne tourne à la gueule de bois.