Une exécution coûte trois fois plus cher que la perpétuité

Avec agence

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La Cour suprême américaine a semblé partagée lundi pour savoir si la méthode d'exécution par injection mortelle comportait un risque excessif de souffrances pour le condamné, un débat qui ne remet pas en cause le principe de la peine capitale aux Etats-Unis.
La Cour suprême américaine a semblé partagée lundi pour savoir si la méthode d'exécution par injection mortelle comportait un risque excessif de souffrances pour le condamné, un débat qui ne remet pas en cause le principe de la peine capitale aux Etats-Unis. — AFP/CA. Dpt of corrections/Arch.

Chercher à exécuter un criminel revient trois fois plus cher aux contribuables que de l'enfermer à vie. C’est ce qu’affirme une étude publiée mercredi dans le Maryland (est).

Financée par une association locale de défense de la qualité de vie, cette étude se base sur les dossiers de plusieurs centaines de criminels condamnés entre 1978 et 1999 dans cet Etat, qui a très peu recours à la peine de mort, et envisage depuis plusieurs années de l'abolir. En moyenne, le total des frais de justice et d'incarcération d'un meurtrier condamné à la réclusion criminelle à perpétuité s'élève à 1,1 million de dollars. Si l'accusation requiert la peine capitale, il faut ajouter 670.000 dollars, en grande partie parce que le procès est plus long et plus complexe.

Si la condamnation à mort est prononcée, il faut encore ajouter 1,2 million de dollars pour faire face à l'interminable série d'appels, quasi-automatiques, que cela entraîne. Ce qui porte le total à 3 millions de dollars.

Entre 1978 et 1999, les procureurs du Maryland ont requis 162 fois la peine de mort contre un accusé, et l'ont obtenue 56 fois. Selon l'estimation de l'étude, ces procédures auront coûté aux contribuables de l'Etat 186 millions de dollars de plus que si l'accusation avait requis et obtenu la perpétuité. Or dans le Maryland, la plupart des condamnations à mort sont annulées en appel et les nouveaux procès aboutissent en général à la perpétuité. Au total, l'Etat a exécuté 5 condamnés depuis 1978 et compte aujourd'hui 5 détenus dans son couloir de la mort.