Nicolas Sarkozy aux Farc: «ne commettez pas l'irréparable»

CRISE LATINO-AMERICAINE Les présidents vénézuélien et équatorien exigent une «condamnation claire» de la Colombie…

Avec agence

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Grand absent de la campagne, Nicolas Sarkozy a souligné sa volonté de garder son cap, assurant, à quatre jours de scrutins menaçants pour son camp, qu'il n'y aura ni grand remaniement, ni plan de rigueur après ce rendez-vous électoral.
Grand absent de la campagne, Nicolas Sarkozy a souligné sa volonté de garder son cap, assurant, à quatre jours de scrutins menaçants pour son camp, qu'il n'y aura ni grand remaniement, ni plan de rigueur après ce rendez-vous électoral. — Francois Mori AFP

La France sur les ondes herziennes colombiennes. Dans une interview diffusée par la première chaîne colombienne RCN, Nicolas Sarkozy a encouragé les Farc à continuer «dans la stratégie de la libération humanitaire». «Ne commettez pas l'irréparable, Ingrid est en danger de mort», a-t-il lancé, à l'adresse du mouvement terroriste. Le chef de l'Etat a appelé également «tous les acteurs concernés» à la «retenue» après un entretien avec Hugo Chavez, qu'il a «une nouvelle fois remercié pour ses efforts» dans le dossier des otages.

Cet appel intervient alors que la situation est toujours extrêmement tendue en Amérique du sud. Le président équatorien Rafael Correa et Hugo Chavez ont exigé une «condamnation claire» de la Colombie, pour mettre fin à la crise. Les deux dirigeants, réunis mercredi soir dans une ambiance tendue au palais présidentiel de Caracas, ont fustigé l'attitude de leur voisin, dont le raid contre la guérilla des Farc en territoire équatorien a mis le feu aux poudres.

Disposer de tous les moyens diplomatiques

Disposé à user de «tous les moyens diplomatiques», le président équatorien, qui poursuit une tournée régionale, a tout de même estimé que l'Organisation des Etats Américains (OEA) avait accompli un «premier pas important», après avoir dénoncé la «violation de la souveraineté» de la part de la Colombie.

Plus offensif, le dirigeant vénézuélien a assuré l'Equateur de son «soutien inconditionnel» et traité son homologue colombien Alvaro Uribe de «criminel de guerre». «Nous aussi souhaitons la paix, mais nous ne pouvons accepter sous aucun prétexte que le gouvernement de Colombie utilise le territoire équatorien pour implanter la doctrine impérialiste» des Etats-Unis, a-t-il lancé.

Un peu plus tôt dans la journée, le Venezuela a déployé avec fracas 6.000 hommes à la frontière colombienne, tandis que l'Equateur mobilisait une unité d'élite.

La Colombie ne «cédera pas aux provocations»

En Colombie, le vice-président Francisco Santos a promis que son pays ne «céderait pas aux provocations» et a reproché aux Farc et Hugo Chavez d'être «des alliés pour imposer par la violence leur vision du monde». Bogota accuse Caracas et Quito de collusion avec les rebelles marxistes, en se basant sur des documents saisis après le raid militaire qui a tué le numéro 2 des Farc et une vingtaine de guérillos.

Le responsable du département d'Etat américain, en charge de l'Amérique latine, Tom Shannon, a reconnu que les Etats-Unis étaient «perturbés» par les documents liant les Farc à «des pays voisins».

En décembre 2007, Nicolas Sarkozy s'était déjà adressé directement au chef des Farc, Manuel Marulanda, dans un message télévisé.