Zimbabwé: La Zanu-PF veut engager la procédure de destitution de Mugabe dès mardi

POLITIQUE « Nous voulons nous débarrasser de cet animal appelé Mugabe, il doit partir », a déclaré le député Vongai Mupereri…

20 Minutes avec AFP

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Le président zimbabwéen Robert Mugabe
Le président zimbabwéen Robert Mugabe — AP/SIPA
  • Dimanche, la Zanu-PF a retiré au président toutes fonctions dans le parti et a menacé de le destituer s’il ne démissionnait pas avant ce lundi midi.
  • Le parti veut accuser Robert Mugabe « d’avoir autorisé sa femme à usurper des pouvoirs ».

La procédure de destitution du président Robert Mugabe, qui a jusqu’ici ignoré les appels à la démission émanant de sa propre famille politique, pourrait être engagée dès mardi, a annoncé un député de la Zanu-PF.

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« Nous espérons une session des deux chambres du Parlement demain (…) Nous espérons que la motion (lançant la procédure) passera demain » mardi, a dit devant la presse Paul Mangwana, un haut responsable de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, avant une réunion d’urgence des députés et sénateurs du parti.

Se « débarrasser de cet animal appelé Mugabe »

« Nous voulons nous débarrasser de cet animal appelé Mugabe, il doit partir », a renchéri auprès de l’AFP le député Vongai Mupereri, en assurant que le parti dispose des « voix suffisantes » pour le faire.

La Zanu-PF avait retiré dimanche, à son chef historique, toutes fonctions dans le parti et avait menacé de le destituer s’il ne démissionnait pas avant ce lundi midi. L’ultimatum ayant expiré, le parti s’apprête à en tirer les conséquences. Selon la Constitution zimbabwéenne, l’Assemblée nationale et le Sénat peuvent engager à la majorité simple une procédure de révocation du président pour « faute grave », « manquement à la Constitution », « violation délibérée de la Constitution » ou « incapacité ».

Mugabe accusé d’avoir favorisé sa femme dans la course pour sa succession

Une commission d’enquête conjointe est alors formée pour formuler une résolution de destitution, qui doit ensuite être approuvée à la majorité des deux tiers. La Zanu-PF veut accuser Robert Mugabe « d’avoir autorisé sa femme à usurper des pouvoirs » et de « ne plus être en capacité physique d’assurer son rôle compte tenu de son grand âge », a précisé le député Mangwana.

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Le plus vieux dirigeant en exercice au monde, 93 ans, dont 37 à la tête du Zimbabwe, est accusé d’avoir favorisé sa femme Grace Mugabe dans la course pour sa succession, au détriment de l’ancien vice-président Emmerson Mnangagwa. Le limogeage de ce dernier, il y a deux semaines, a entraîné un coup de force de l’armée, qui a pris le contrôle du pays dans la nuit de mardi à mercredi.