La tension monte à la frontière colombienne

Armelle Le Goff - ©2008 20 minutes

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Rien ne va plus. Entre la Colombie, l'Equateur et le Venezuela, les menaces ont succédé aux insultes, à tel point que l'Union européenne (UE) a appelé hier toutes les parties à « éviter toute escalade ». A l'origine de l'algarade, l'élimination samedi en Equateur de Raul Reyes, numéro deux des Farc, par l'armée colombienne. Une initiative qui a provoqué l'ire de l'Equateur et du Venezuela. De son côté, Bogota a rendu public hier son intention de poursuivre le président vénézuélien devant la Cour pénale internationale (CPI) pour « financement de génocide ». Le gouvernement colombien affirme être en possession d'une lettre où Hugo Chavez s'engage à remettre 300 millions de dollars à la guérilla, inscrite sur la liste des organisations terroristes des Etats-Unis et de l'UE.

Malgré tout, pour les observateurs, les risques de dérapages sont limités. En revanche, tout le monde craint que la disparition du leader marxiste soit, comme l'a souligné le chef de la diplomatie française, « une mauvaise nouvelle » pour les otages, dont Ingrid Bétancourt, aux mains des Farc depuis le 23 février 2002. Correa a ainsi affirmé lundi soir que l'attaque avait empêché la libération de Bétancourt et d'autres otages. Reyes était « l'homme avec qui nous avions des contacts », a souligné Bernard Kouchner. Les autorités colombiennes « étaient au courant », a renchéri Pascale Andréani, la porte-parole du Quai d'Orsay. Pour la famille de l'otage, le coup est rude. Fabrice Delloye, l'ex-mari d'Ingrid Bétancourt s'est dit « horrifié » par le comportement d'Alvaro Uribe.