«Le Guoanbu chinois sera le KGB du XXIe siècle»

Recueilli par A. Le G.

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Entretien avec Roger Faligot, journaliste, auteur des Services secrets chinois, de Mao aux JO (éd. Nouveau Monde), il a écrit plusieurs ouvrages sur les services de renseignements.

Comment expliquer la montée en puissance des services secrets chinois?

Pour accéder à l'état de superpuissance, le pays s'appuie sur ses services de renseignements, autant dans les domaines stratégique et militaire qu'économique.

Quand les autorités ont-elles pris conscience de l'intérêt d'avoir des services secrets efficaces?

Le changement s'est opéré au cours des années 1980 avec Deng Xiaoping. Avant, la police du régime, le Gonganbu, était éclatée en plusieurs services régionaux. L'espionnage, c'était l'affaire du KGB russe. Et puis, au cours de la décennie 1980, les autorités ont décidé de créer le Guoanbu. On a parlé du KGB au XXe siècle, le XXIe siècle sera celui du Guoanbu.

Hacking
Qui se cache derrière le piratage du Pentagone et du ministère français de la Défense de l'automne dernier? Pour Ned Moran, du Terrorism Research Centre, c'est la Chine. Pékin a compris qu'«au lieu de bâtir un réseau d'espions pour voler des informations, on peut faire la même chose à très bas coût et à moindre risque grâce à des cyber-attaques», explique l'expert qui pense que le gouvernement laisse faire, voire est complice des agissements des cyber-pirates de l'Internet.