VIDEO. Génocide au Rwanda: La justice refuse d'entendre l'ex-chef d'état-major des armées

ENQUETE L’association Survie, la Fédération internationale des droits de l’homme et les autres parties civiles accusent la force française Turquoise d’avoir sciemment abandonné aux génocidaires Hutu des centaines de Tutsi...

20 Minutes avec AFP

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Des crânes humains exposés au Mémorial du génocide à Nyamata, dans l'église catholique où des milliers de personnes ont été massacrées en 1994, lors du génocide au Rwanda
Des crânes humains exposés au Mémorial du génocide à Nyamata, dans l'église catholique où des milliers de personnes ont été massacrées en 1994, lors du génocide au Rwanda — Simon Maina AFP

L'ex-chef d'état-major des armées ne sera pas entendu dans l'enquête sur les possibles responsabilités de l’armée française lors du génocide de 1994 au Rwanda. Ainsi en a décidé la justice, ont annoncé ce jeudi à l’AFP les parties civiles, qui dénoncent une décision ouvrant « la voie à un non-lieu ».

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La cour d’appel de Paris a en effet confirmé, le 31 octobre, le refus du juge d’instruction d’auditionner l’ex-amiral Jacques Lanxade et son adjoint de l’époque, l’ex-général Raymond Germanos, comme le réclamaient l’association Survie, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH et LDH) et les autres parties civiles, qui accusent la force française Turquoise d’avoir sciemment abandonné aux génocidaires Hutu des centaines de Tutsi des collines de Bisesero, du 27 au 30 juin 1994.

Une décision qui « ouvre la voie à un non-lieu »

« Ce refus de rechercher toutes les responsabilités éventuellement engagées, y compris celles des plus hauts responsables de l’armée française, compromet gravement l’enquête », affirment les trois associations dans un communiqué. « Cette décision pourrait ouvrir la voie à un non-lieu judiciaire », s’inquiètent-elles.

Cette décision « montre que si la justice enquête, elle le fait "pour l’histoire" et non dans la perspective de mises en examen et encore moins d’un procès », s’insurgent Fabrice Tarrit, coprésident de Survie, et leur avocat Olivier Foks, joints par l’AFP.

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Les rescapés, à l’origine de la plainte en 2005, affirment que les militaires français leur ont promis le 27 juin 1994 de les secourir pour ne le faire que le 30. Pendant cet intervalle de trois jours, des centaines de Tutsi ont été massacrés dans ces collines de l’ouest du Rwanda. Depuis le 22 juin 1994, la force Turquoise, déployée sous mandat de l’ONU, avait pour mission de mettre fin aux massacres, en cours depuis deux mois et demi.

Le chef de la force Turquoise placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté

L’enquête, instruite au pôle crimes contre l’humanité à Paris, semble démontrer que la découverte des réfugiés le 27 était connue des autorités françaises avant l’intervention militaire du 30, selon une source proche du dossier.

Mais pour le juge, qui a acté ce refus d’auditions fin août, la question de savoir si l’absence d’intervention des militaires pendant ces trois jours constitue un acte de complicité de génocide « ne concerne que les officiers qui ont déjà été entendus », tous membres de la force Turquoise, car ils bénéficiaient de suffisamment d’autonomie vis-à-vis de l’état-major à Paris.

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« L’enquête est quasiment au point mort »

Au terme de son audition en janvier 2016, le chef de la force Turquoise, le général Jean-Claude Lafourcade, a été placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté, tout comme trois de ses subordonnés avant lui, échappant ainsi à des mises en examen.

Depuis, « l’enquête est quasiment au point mort », selon Fabrice Tarrit. Les associations déplorent « que nombre d’auditions demandées en 2015 n’ont pas eu lieu et que des documents essentiels à la compréhension des événements n’ont pas été communiqués par le ministère de la Défense ».