Le président libanais accuse l'Arabie saoudite de «détenir» Saad Hariri

LIBAN « Rien ne justifie qu'il ne revienne pas après 12 jours », a notamment déclaré Michel Aoun…

20 Minutes avec AFP

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Saad Hariri, le 1er septembre 2017 à Paris, lors d'une conférence de presse. (photo d'illustration)
Saad Hariri, le 1er septembre 2017 à Paris, lors d'une conférence de presse. (photo d'illustration) — LUDOVIC MARIN / AFP

La crise politique se poursuit au Liban. Le chef de l’Etat libanais Michel Aoun a durci le ton ce mercredi en accusant l’Arabie saoudite de garder comme « détenu » le Premier ministre Saad Hariri, qui avait annoncé sa démission le 4 novembre de Ryad.

« Rien ne justifie que Saad Hariri ne revienne pas après 12 jours. Nous le considérons donc comme en captivité et détenu, ce qui est contraire à la convention de Vienne » régissant les rapports diplomatiques entre pays, est-il écrit dans un tweet rapportant les propos du président Aoun.

« Qu’il revienne au Liban soit pour présenter sa démission, soit pour revenir sur sa décision »

Saad Hariri a créé le choc le 4 novembre en annonçant sa démission soudaine depuis la capitale saoudienne, dénonçant la « mainmise » sur son pays de l’Iran et de son allié libanais le mouvement Hezbollah. Depuis, sa liberté de mouvement fait l’objet d’intenses spéculations. Il avait affirmé dans une interview dimanche qu’il était « libre » de ses mouvements.

« Nous ne pouvons pas prendre de décision concernant une démission qui a été présentée à l’étranger », souligne un autre tweet de Michel Aoun. « Qu’il revienne au Liban soit pour présenter sa démission, soit pour revenir sur sa décision, soit pour discuter de ses motivations », a encore précisé le président libanais. « Nous ne pouvons pas attendre plus et perdre du temps, car les affaires de l’Etat ne peuvent pas être paralysées », a poursuivi Michel Aoun.

>> A lire aussi : Saad Hariri, Premier ministre démissionnaire du Liban, est-il prisonnier de l’Arabie saoudite?

Le mystère s’épaissit concernant le sort de Saad Hariri, le Premier ministre démissionnaire ayant promis de revenir « très bientôt » dans son pays. Sa démission a très rapidement été perçue comme un nouveau bras de fer entre l’Arabie saoudite sunnite, important soutien de Hariri, et l’Iran chiite, grand allié du Hezbollah libanais.