Le ton monte entre le Venezuela, l'Equateur et la Colombie

REACTIONS La crise déclenchée par la mort de Raul Reyes, numéro 2 des Farc, préoccupe la communauté internationale…

Sa. C. avec agence

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Le président américain George W. Bush a appelé jeudi la Turquie à mettre fin "le plus vite possible" à son offensive contre les séparatistes kurdes de Turquie dans le nord de l'Irak.
Le président américain George W. Bush a appelé jeudi la Turquie à mettre fin "le plus vite possible" à son offensive contre les séparatistes kurdes de Turquie dans le nord de l'Irak. — Mandel Ngan AFP

Le ton monte dans la crise diplomatique en Amérique latine, quelques jours après le raid militaire colombien en Equateur. Les autorités vénézuéliennes ont décidé ce mardi de fermer la frontière entre la Colombie et le Venezuela. La veille, l'ambassadeur colombien au Venezuela avait été expulsé et les relations diplomatiques entre la Colombie et l'Equateur ont été rompues.

Le président équatorien, Rafael Correa, a estimé ce mardi à Lima que la crise que vivait son pays avec la Colombie était due au fait qu'un pays avait violé la souveraineté d'un autre pays, ce qui ne pouvait être justifié sous aucun prétexte. Après une tournée dans cinq pays afin d'obtenir des soutiens dans la région, il doit se rendre au Brésil, au Venezuela, au Panama puis en République Dominicaine où doit avoir lieu vendredi le sommet du groupe de Rio.
Mardi soir, Lula, le président brésilien, est allé dans son sens, accusant à son tour la Colombie d'avoir violé la souveraineté territoriale de l'Equateur.

De son côté, le président colombien Alvaro Uribe a annoncé dans la journée qu'il allait poursuivre devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye son homologue vénézuélien pour «financement de génocide». La police colombienne affirme en effet avoir trouvé sur l’ordinateur du numéro 2 des Farc, Raul Reyes, tué dans le raid colombien, la preuve selon laquelle Hugo Chavez aurait apporté «un financement de 300 millions de dollars» aux rebelles colombiens.

«Fabrication d'armes sales»

Sur ce même ordinateur, des données retirées indiqueraient, selon le général Oscar Naranj, que la guérilla a acquis 50 kilos d'uranium, ce qui démontre que l'organisation aspirait au «terrorisme international». Le vice-président colombien, Francisco Santos Calderon, a ainsi déclaré devant la Conférence du désarmement de l'ONU réunie à Genève la guérilla colombienne «serait en train de négocier l'achat de matériel radioactif, nécessaire à la fabrication d'armes sales de destruction et de terrorisme».

Les réactions à cette guerre diplomatique entre la Colombie, le Venezuela et l’Equateur a été accueillie différemment des deux côtés de l’Atlantique. D’un côté, le président américain George Bush a appelé son homologue colombien, Alvaro Uribe, et l’a «remercié» pour son action «forte» contre les Farc, a déclaré mardi un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe.

Une manifestation de soutien qui intervient au moment où l’incursion colombienne en Equateur contre les Farc provoque une grave crise diplomatique non seulement avec l'Equateur, mais aussi avec le Venezuela, qui est l'allié de l'Equateur et dont le président Hugo Chavez est la bête noire de l'administration Bush. George Bush a d'ailleurs dénoncé les actes de «provocation» du Venezuela dans la crise diplomatique en cours.

>> Lire l'interview «L'Equateur et la Colombie n'ont pas les moyens de se faire la guerre»

A l’opposé, l'Union européenne (UE) tente de calmer le jeu. Elle a appelé mardi le Venezuela, la Colombie et l'Equateur à «éviter toute escalade» dans la crise. «L'Union européenne est préoccupée par la tension croissante entre le Venezuela, l'Equateur et la Colombie, et par le déploiement de forces armées», a annoncé la présidence slovène de l'UE dans un communiqué. «L'Union européenne encourage toutes les parties à rechercher une solution politique par le dialogue», a conclu la présidence.

Le diplomate en chef de l'Union européenne, Javier Solana, devrait discuter de cette crise mercredi avec le vice-président colombien Francisco Santos au cours d'une rencontre à Bruxelles, ont annoncé ses services.