Rajoy gagne une manche, Zapatero gagne la partie

Juan Carlos Escudier, traduit par Nadia Daam

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Le chef du gouvernement socialiste espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero a semblé conforter son statut de favori sur son opposant de droite, Mariano Rajoy, en remportant selon les sondages le second débat télévisé de la campagne pour les élections législatives du 9 mars.
Le chef du gouvernement socialiste espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero a semblé conforter son statut de favori sur son opposant de droite, Mariano Rajoy, en remportant selon les sondages le second débat télévisé de la campagne pour les élections législatives du 9 mars. — Javier Soriano AFP

Avantage Zapatero. Le chef du gouvernement espagnol s'est mesuré au chef de l'opposition conservatrice, Mariano Rajoy, au cours d'un deuxième débat télévisé lundi soir. Nos confrères de 20minutes.es ont analysé le débat.

Les deux candidats avaient bien préparé leur leçon. Rajoy s'attachant au maximum à ne pas lire ses notes, et Zapatero utilisant les silences pour se montrer ferme, belliqueux même.

«Les Espagnols aussi ont des droits!»

Ils se sont d'abord affrontés sur le chapitre économique et social au cours duquel Zapatero a égrené nombre de propositions. Puis Rajoy s'est empêtré sur une absurde dispute à propos de sa première question au Parlement, avant de revenir à la charge sur l'immigration en affirmant: «Les Espagnols aussi ont des droits!». Dans les minutes qui ont suivi, Rajoy a perdu la main. Il s'est aventuré sur le terrain très glissant du terrorisme, et s'est efforcé de convaincre les espagnols que Zapatero avait soutenu l'ONU dans l'envoi de soldats en Irak alors même que les troupes avaient été retirées. Il a tant et tant joué avec le feu, qu'il a fini par se brûler: «Vous persistez à défendre la guerre en Irak?» l'a coupé le socialiste Zapatero, «est-ce à dire que vous considérez que cette guerre était une bonne chose?»

Rajoy sort un as de sa manche

De son côté, Zapatero a évité les sujets périlleux de l'ETA et s'est arrangé pour avancer un chiffre à son avantage: 4 victimes du terrorisme au cours de son mandat, contre 238 pendant les quatre dernières années du mandat de José Maria Aznar(dont 200 lors de l'attentat du 11 mars 2004 à Madrid). Rajoy est alors passé à l'attaque. Il a reproché à Zapatero d'avoir une fausse idée de l'Espagne et a fini en sortant un as de sa manche: l'affaire d'un commerçant que la Catalogne contraint à payer 400 euros d'amende pour avoir affiché son enseigne en castillan. «C'est le Parti socialiste qui est à l'origine de cette amende, soyons clairs».

Rajoy a donc repris du poil de la bête au cours de cette partie mais, selon un sondage réalisé le lendemain de leur prestation, 50% des sondés estiment que Zapatero a été le plus convaincant contre 29% pour son rival.


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