Betancourt: le numéro 2 des Farc voulait rencontrer Nicolas Sarkozy

AMERIQUE LATINE Avant d'être abattu par l'armée colombienne…

Avec agence

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AFPTV

La polémique sur la tentative de libération d’Ingrid Betancourt avortée en raison de la mort du numéro 2 des Farc, Raul Reyes, dans un raid militaire colombien en Equateur samedi, atteint la France.

Un «interlocuteur important» tué
La guérilla a ainsi affirmé ce mardi que Raul Reyes tentait d'organiser une réunion avec le président français Nicolas Sarkozy au moment où il a été tué. «Ce que je peux vous dire, c'est que le Président avait déclaré, lors de son voyage en Afrique, qu'il était prêt à se rendre à la frontière entre le Venezuela et la Colombie si cela était une des conditions à la libération d'Ingrid Betancourt. Cela reste d'actualité», a affirmé à 20minutes.fr Pierre-Jérôme Hénin, porte-parole adjoint de l'Elysée. Le palais présidentiel se refuse néanmoins à tout commentaire au sujet du message de soutien de George Bush à Alvaro Uribe.

Selon une source diplomatique jointe par 20minutes.fr, le quai d'Orsay «n'est pas au courant d'une telle demande» des Farc. «Comme l'a souligné notre ministre (Bernard Kouchner) lundi, avec la mort de Raul Reyes, nous avons perdu un interlocuteur important dans cette affaire, explique-t-on au quai d'Orsay. Ce qui est important, c'est que la Colombie était au courant de nos discussions avec Reyes.» Paris a en effet confirmé que les autorités colombiennes «étaient au courant» des contacts de la France, l'Espagne et la Suisse avec le numéro 2 des Farc dans le cadre des efforts pour libérer Ingrid Betancourt.

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Lundi, le président équatorien Rafael Correa avait révélé que l'attaque colombienne en Equateur avait empêché la libération de onze otages, dont celle d’Ingrid Betancourt. «Tout a été compromis par des mains guerrières et autoritaires», avait-t-il estimé. Selon le ministre de l'Intérieur équatorien, ces libérations des otages, sans contreparties, devaient intervenir en mars. Son homologue vénézuélien a déclaré pour sa part que l'otage franco-colombienne aurait pu «plusieurs fois» être libérée.

Contacté par 20minutes.fr, Hervé Marro, président du comité de soutien d'Ingrid Betancourt à Paris, déplore «une perte de temps au moment où on a pas de temps à perdre» et avoue ne pas comprendre les «intentions obscures du cercle d'influence qui entoure Alvaro Uribe». Un peu plus tôt, Fabrice Delloye, ex-mari de l'otage franco-colombienne, a qualifié d'«absolument ignoble» le comportement du président colombien «qui sabote en permanence» tous les possibilités de libération des otages.

Selon Olivier Roubi, président de la Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt (Ficib), «ce n'est pas seulement Alvaro Uribe qui commande dans cette affaire mais aussi et surtout l'armée. Or, elle a toujours été opposée à un accord humanitaire, lui préférant un sauvetage militaire des otages», explique-t-il à 20minutes.fr La Ficib appelle donc Nicolas Sarkozy à rappeler que la France est opposée à cette option et demande une réunion de toute urgence avec le présiden français pour définir la stratégie à suivre.

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Etats-Unis Depuis lundi, les Etats-Unis sont entrés dans la danse. Un haut responsable du ministère colombien de la Défense a ainsi révélé que le raid avait été déclenché à la suite d'une information des renseignements américains. «Les Etats-Unis ont fourni l'identification du téléphone satellitaire» de Raul Reyes, permettant à l'armée colombienne de le localiser.