Catalogne: «Une autre solution que l'indépendance est possible», estime Carles Puigdemont

POLITIQUE Le président catalan destitué a réaffirmé être «toujours pour un accord» avec l'Espagne...

20 Minutes avec AFP
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Le président catalan destitué Carles Puigdemont
Le président catalan destitué Carles Puigdemont — EMMANUEL DUNAND / AFP
  • Le gouvernement de Mariano Rajoy a dissous le parlement et convoqué des élections régionales pour le 21 décembre.
  • Carles Puigdemont avait déclaré le 31 octobre qu'il fallait «ralentir» le processus d'indépendance de la Catalogne afin d'éviter des troubles.

Une autre solution que l’indépendance de la Catalogne reste possible, a estimé le président catalan destitué Carles Puigdemont dans un entretien publié ce lundi par le quotidien belge Le Soir. Carles Puigdemont a également assuré être « toujours pour un accord » avec l' Espagne. « Je suis disposé et j’ai toujours été disposé à accepter la réalité d’une autre relation avec l’Espagne », a-t-il déclaré au journal.

« C’est toujours possible ! Moi qui ai été indépendantiste toute ma vie, j’ai travaillé pendant trente ans à obtenir un autre ancrage de la Catalogne dans l’Espagne ! », a-t-il répondu. « Je suis toujours pour un accord », a-t-il insisté, accusant le Parti populaire (PP, conservateur) du chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy d’être responsable de la montée de l’indépendantisme.

Puigdemont exilé en Belgique

L’indépendantisme a été alimenté en Catalogne par l’invalidation en 2010 d’un statut d’autonomie conférant de très larges compétences à la Catalogne, une annulation partielle ordonnée par la cour constitutionnelle, saisie par le PP.

Carles Puigdemont est parti en Belgique après la déclaration d’indépendance votée au parlement catalan le 27 octobre, suivie quelques heures plus tard de la mise sous tutelle de sa région par le gouvernement central qui a immédiatement ordonné sa destitution et celle de son gouvernement.

« Ralentir » le processus d’indépendance pour éviter des troubles

Le gouvernement de Mariano Rajoy avait aussi dissous le parlement et convoqué des élections régionales pour le 21 décembre, auxquelles le dirigeant séparatiste envisage de se présenter même s’il est visé par un mandat d’arrêt de la justice espagnole, notamment pour « rébellion ».

Il précise cependant dans l’entretien qu’il veut être le candidat d’une liste unitaire, ce qui semble difficilement réalisable à ce stade. Son parti, le conservateur PDeCAT, est en difficulté dans les sondages, dépassé par la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) avec laquelle il s’était allié pour gouverner depuis fin 2015 mais qui veut désormais se présenter en solitaire.

« Nous avons été obligés d’adapter notre plan de travail pour éviter la violence »

« Je ne serai candidat que s’il y a un rassemblement », déclare Carles Puigdemont en précisant qu’il explore la possibilité de se présenter en représentation d’une plateforme d’électeurs sans étiquette mais soutenue par les partis.

Carles Puigdemont avait déjà déclaré le 31 octobre qu’il fallait « ralentir » le processus d’indépendance pour éviter des troubles, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

« Nous avons été obligés d’adapter notre plan de travail pour éviter la violence » et « si cette attitude a pour prix de ralentir le déploiement de la République, alors il faut considérer que c’est un prix à payer raisonnable dans l’Europe du 21e siècle », avait-il expliqué.