Ingrid Betancourt victime de la mort de Raul Reyes ?

A. Le Goff - ©2008 20 minutes

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L'élimination samedi en Equateur du n° 2 des Farc par l'armée colombienne fait monter la tension d'Hugo Chavez. Au lendemain de l'annonce du décès de Raul Reyes, présenté comme l'un des coups les plus durs portés à la guérilla, le président vénézuélien s'est déchaîné contre son homologue colombien Alvaro Uribe, taxé de « chiot de l'impérialisme américain ». Chavez qui a déjà obtenu la libération de huit otages, a aussi ordonné la fermeture de l'ambassade de son pays en Colombie et le rappel de son personnel diplomatique. Il a ensuite décidé l'envoi de « dix bataillons à la frontière avec la Colombie », près de 10 000 hommes. Un geste suivi par son allié le président équatorien, Rafael Correa. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, est, de son côté, préoccupé par l'augmentation des tensions dans la région.

Mais pour Daniel Pécaut, chercheur à l'EHESS et spécialiste de la Colombie, ce n'est pas tant un embrasement régional qu'il faut craindre qu'un coup d'arrêt des négociations pour la libération d'Ingrid Betancourt. « La mort de Reyes est un problème, affirme le chercheur. Personne ne sait dans quel état est Manuel Marulanda, le leader historique de la guérilla. Or, c'est Reyes qui menait les négociations pour la libération de Betancourt. Toutes les parties qui y travaillent risquent de se retrouver sans interlocuteur. » Il y a pourtant urgence, la Franco-colombienne se trouvant, selon les témoignages des six personnes libérées mercredi dernier, dans un état alarmant. Pire, les familles des 39 otages dits « politiques » ? parmi lesquels Betancourt ? toujours aux mains de la guérilla n'excluent pas des exécutions en représailles. Bogota témoigne, une fois encore, de sa volonté de ne rien lâcher aux Farc sur le plan militaire.

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