L'opposition interdite de manifestation à Moscou

RUSSIE Bien connus de la police, les opposants ont été arrêtés avant d'effectuer leur «marche du désaccord»...

De notre correspondant à Moscou, Emmanuel Guillemain d'Echon

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Lors d'une manifestation à Moscou (Russie) le 3 mars 2008
Lors d'une manifestation à Moscou (Russie) le 3 mars 2008 — Reuters / Vasily Fedosenko

Lundi à Moscou, la «marche du désaccord» n’aura même pas eu le temps d’avoir eu lieu. La majorité des participants de cette manifestation de l’opposition, interdite par la mairie, ont en effet été arrêtés avant même d’arriver au lieu du rassemblement, dans le centre de la capitale.

Les militants du Front civique uni de Garry Kasparov et Edouard Limonov sont peu nombreux et leurs visages déjà connus de la police russe. Elle a donc pu étouffer la manifestation dans l’œuf de manière très efficace. Les stations de métro étaient filtrées, et les quelques dizaines de manifestants qui ont pu se glisser entre les cordons de l’Omon, la police anti-émeute, se sont fait évacuer promptement de la foule présente sur place, en grande partie composée de journalistes et de policiers en civil. Certains ont tout juste eu le temps d’allumer des fumigènes et de crier des slogans pour protester contre l’élection «illégale» de Dmitri Medvedev.

«Les gens qui comprennent ce qui se passe dans le pays, on les arrête», maugrée Ania, 16 ans, les cheveux teints en noir et un keffieh autour du cou, en voyant des manifestants emmenés dans les cars de police. «Les autres ne savent rien, le pays s’abrutit, rien ne se passe. Seul l’argent compte aujourd’hui, se plaint la jeune fille, pas encore militante», mais qui s’est déjà fait arrêter lors de «marches» précédentes. A Saint-Pétersbourg, la manifestation emmenée par Garry Kasparov, autorisée par les autorités, a rassemblé environ un millier de protestataires, et s’est achevée dans le calme.