Russie : l'Occident ferme les yeux sur le scrutin et félicite Medvedev

REACTIONS Alors que plusieurs dizaines de manifestants de l’opposition ont été arrêtés à Moscou...

Avec agence

— 

"Le président a ses pouvoirs et le Premier ministre a les siens. Ces pouvoirs ont été établis il y a longtemps et personne ne veut les changer", a dit M. Medvedev au cours d'une conférence de presse dans la nuit
"Le président a ses pouvoirs et le Premier ministre a les siens. Ces pouvoirs ont été établis il y a longtemps et personne ne veut les changer", a dit M. Medvedev au cours d'une conférence de presse dans la nuit — Alexander Nemenov AFP

Tandis que plusieurs dizaines de manifestants de l’opposition ont été arrêtés à Moscou (Russie) ce lundi, de Paris à Washington, les félicitations ont fusé après l'élection de Dmitri Medvedev, sans trop s'étendre sur les conditions du scrutin.

La chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique Gordon Brown, le président français Nicolas Sarkozy comme le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont salué l'arrivée d'un nouveau locataire au Kremlin après des années de relations souvent tendues avec Vladimir Poutine.

La République tchèque plus critique

A Washington, la Maison Blanche a affirmé la volonté du président George W. Bush de travailler avec Dmitri Medvedev, qui doit prendre ses fonctions le 7 mai, en invoquant «l'intérêt mutuel» des deux pays à une telle coopération.

La République tchèque a été un des rares pays à regretter des «pratiques restrictives» pendant l'élection. En l'absence de l'OSCE, qui boycottait le scrutin, la seule mission d'observateurs occidentaux présente, envoyée par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a estimé que l'élection n'avait pas été «libre» et «juste».

Le chef de la Commission électorale centrale, Vladimir Tchourov, a tourné en dérision les conclusions de l'APCE.

Loin de toute critique, les télévisions russes continuaient de diffuser lundi l'image symbole de l'élection et de la prochaine passation de pouvoir, la sortie de Vladimir Poutine et de Dmitri Medvedev côte à côte dimanche soir sur la Place rouge pour célébrer la victoire.

Affichant sans tarder une stature de président dont beaucoup doutaient encore la veille, Dmitri Medvedev a laissé entendre qu'il exercerait pleinement toutes les attributions liées à sa fonction. «Le président a ses pouvoirs et le Premier ministre a les siens. Ces pouvoirs ont été établis depuis longtemps et personne ne veut les changer», a-t-il déclaré devant la presse.

Aucun signe de changement sur la politique étrangère

Il a aussi éclairci un point: il conduira bien la politique étrangère de la Russie. Pousuivra-t-il sur la voie de Vladimir Poutine, qui a fortement durci le ton à l'égard de l'Occident? Répondra-t-il à l'appel des Européens à une nouvelle ère de dialogue?

Lundi, aucun signe de changement n'était perceptible. L'Ukraine a vu ses livraisons de gaz réduites d'au moins 25% par le géant Gazprom, souvent accusé de servir d'arme à la diplomatie russe. Dmitri Medvedev n'est autre que le président de son conseil d'administration.