La vague démocrate, un gros avertissement pour Trump et les républicains

ETATS-UNIS Face à un président impopulaire, les démocrates semblent être en position de force avant les élections de la mi-mandat l'an prochain...

P.B. avec AFP

— 

Le démocrate Ralph Northam a battu le républicain Ed Gillespie pour le poste de gouverneur de Virginie, le 7 novembre 2017.
Le démocrate Ralph Northam a battu le républicain Ed Gillespie pour le poste de gouverneur de Virginie, le 7 novembre 2017. — Cliff Owen/AP/SIPA
  • Les démocrates ont remportés une demi-douzaine de scrutins, mardi.
  • Donald Trump a reproché au candidat de Virginie d'avoir pris ses distances avec lui.
  • Avec cet élan, les démocrates pourraient reprendre le contrôle de la Chambre l'an prochain.

La stratégie démocrate semble simple : faire de chaque scrutin un référendum pour ou contre Donald Trump. Et un an après le coup de tonnerre à la Maison Blanche, ça a payé, mardi soir, avec une demi-douzaine de victoires majeures. Avec un président historiquement impopulaire, les républicains pourraient perdre gros au Congrès lors des élections de la mi-mandat, l’an prochain.

Les démocrates ont remporté les sièges de gouverneurs de Virginie et du New Jersey, ainsi que plusieurs élections locales en Caroline du Nord, dans le New Hampshire, dans l’Etat de Washington ou encore à Boston et New York, où les maires libéraux ont été réélus, à la plus grande joie d’Hillary Clinton et du nouveau patron du parti, Tom Perez.

Vote sanction contre Trump

Les victoires en Virginie et dans le New Hampshire étaient attendues – les deux Etats ont été remportés par Clinton – mais leur ampleur, avec 9 et 13 % d’écart, et les sondages sortis des urnes font figure d’avertissement pour le président. 50 % des électeurs ont indiqué que le président avait été un facteur déterminant dans leur choix. Deux fois plus de personnes ont voté pour le sanctionner que pour le soutenir.

Sur Twitter, le président américain s’est immédiatement défendu, critiquant le candidat républicain battu en Virginie, qui a fait une campagne sur des thèmes populistes mais sans jamais s’afficher aux côtés de Donald Trump.

Les démocrates bien placés pour le Chambre, moins pour le Sénat

Avec un président historiquement impopulaire après moins d’un an, à 37,6 % d’opinions favorables, les démocrates sont « favoris » pour reprendre le contrôle de la Chambre en novembre 2018, estime l’expert en statistiques Nate Silver. Lors de la mi-mandat, tous les sièges sont en effet renouvelés, et le parti au pouvoir est souvent sanctionné.

Au Sénat, en revanche, ça sera beaucoup plus compliqué. Sur le papier, les démocrates n’ont besoin que de gagner trois sièges supplémentaires. Mais sur les 33 scrutins (un tiers du Sénat est renouvelé tous les deux ans), 25 sont des démocrates sortants, et près de la moitié sont des Etats conservateurs remportés par Trump. Du coup, sur le papier, le parti d’Hillary Clinton a beaucoup plus à perdre qu’à gagner.

Obtenir la majorité à la Chambre représenterait toutefois une victoire majeure pour les démocrates. Dans une cohabitation partielle, ils pourraient bloquer les projets de loi républicains. Et surtout, c’est la Chambre qui peut voter, à la majorité simple, pour lancer une procédure d’impeachment. En revanche, il faut un vote à la majorité des deux tiers au Sénat pour destituer un président.