Venise: Les grands paquebots bientôt priés de s'éloigner de la place Saint-Marc

TOURISME L’Italie a adopté mardi un plan de développement de la lagune de Venise établissement une nouvelle route pour les plus gros paquebots de croisière…

20 Minutes avec AFP

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Paquebot de croisière à Venise.
Paquebot de croisière à Venise. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Les autorités italiennes ont tranché mais la polémique est loin d’être éteinte. Mardi, après 18 mois d’études et de confrontations, un large comité interministériel intégrant les collectivités locales a finalement adopté un plan de développement de la lagune de Venise destiné à soutenir le lucratif tourisme de croisière tout en préservant la ville et son environnement.

« Les grands paquebots ne passeront plus par la place Saint Marc, ils accosteront à Marghera (de l’autre côté de la lagune). Le grand comité a donné son feu vert à la proposition du gouvernement », a annoncé sur Twitter le ministre des Infrastructures et des Transports, Graziano Delrio à l’issue de la réunion.

« C’est un grand résultat pour les Vénitiens », a commenté le maire de Venise, Luigi Brugnaro.

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Nouveau terminal passager à Marghera

Dans un délai de trois à quatre ans, les navires de croisière quitteront peu à peu le large canal de la Giudecca, qui traverse Venise et longe place Saint Marc, pour aller accoster au coûteux terminal prévu pour eux au bord de la cité des Doges.

Ils entreront désormais dans la lagune plus au sud, par la voie actuellement empruntée par les porte-conteneurs et les pétroliers.

Les plus gros (plus de 55.000 tonnes à 96.000 tonnes) s’arrêteront à Marghera, une zone industrielle en face de Venise où un terminal passagers sera installé, via le canal de Malamocco, et les autres poursuivront leur route vers le terminal actuel via un canal qui devra être rendu plus profond de quelques mètres pour les faire passer.

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Enjeu financier colossal

Les autorités n’ont pour l’instant pas communiqué d’estimation de coût pour ce plan, qui était soutenu par le gouvernement, Venise et la Vénétie mais décrié par un collectif qui plaidant pour l’instauration d’un terminal passagers à l’entrée de la lagune afin d’éviter que les paquebots y pénètrent.

Après le naufrage du Costa Concordia qui avait fait 33 morts en 2012 à l’ouest de l’Italie, le gouvernement italien avait limité la circulation des grands paquebots, en particulier à Venise.

Les compagnies ont alors limité l’accès des très grands paquebots, éliminant l’entrée de ceux de plus de 96.000 tonnes et réduisant d’une manière générale le nombre total de navires entrant dans la lagune, faisant ainsi chuter le nombre de visiteurs.

Selon l’Association internationale des compagnies de croisière (Clia), « Venise a perdu près d’un demi-million de passagers, passés de 1,8 million en 2013 à 1,4 million en 2017 ».

Or, les navires arrivant à Venise génèrent chaque année des retombées économiques de 436 millions d’euros en Italie, dont 283 millions d’euros dépensés à Venise et dans les environs, selon la Clia.