«Paradise Papers»: Apple, Nike, Lewis Hamilton s'ajoutent à la liste des entreprises mises en cause

PARADIS FISCAL Après la Reine d’Angleterre, le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross et des ministres brésiliens et russes, c’est au tour de Nike, Apple et Lewis Hamilton d’être accusés…

20 Minutes avec AFP

— 

Illustration Apple
Illustration Apple — Richard B. Levine/NEWSCOM/SIPA
  • Les « Paradise Papers » représentent les résultats d’une enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), qui regroupe 96 médias de 67 pays.
  • Ces résultats ont été obtenus grâce aux fuites provenant notamment d’un cabinet international d’avocats basé aux Bermudes, Appleby.
  • A l’image des « Panama Papers », ces révélations mettent au grand jour des pratiques d’évasion fiscale de grandes fortunes et de multinationales.

Apple, Nike et le coureur automobile de Formule 1 Lewis Hamilton, se sont ajoutés lundi à la liste des entreprises et personnalités mises en cause par les révélations des « Paradise Papers » sur des pratiques d’optimisation fiscale à l’échelle mondiale.

>> A lire aussi : «Paradise Papers»: Nom de code et messages chiffrés... On vous dévoile les coulisses de l’enquête mondiale

Impôts, jet privé et société offshore

Apple aurait ainsi utilisé le paradis fiscal britannique de Jersey pour continuer à ne payer pas ou très peu d’impôts après avoir dû mettre fin à des pratiques similaires en Irlande. Lewis Hamilton, le quadruple champion du monde de F1, aurait utilisé une société-écran sur l’île de Man pour économiser la TVA lors de l’achat d’un nouveau jet privé de plus de 4 millions d’euros.

>> A lire aussi : «Panama Papers», «Football Leaks»… Avant les «Paradise Papers», à quoi ont servi les précédentes fuites?

Le fabricant d’articles de sports Nike, de son côté, a créé des sociétés offshore aux Bermudes et c’est à ces sociétés que les filiales de Nike devaient verser des centaines de millions d’euros pour utiliser les droits sur la marque. Avec les sommes importantes payées pour les licences, les bénéfices dans le monde du groupe ont été diminués et donc le montant des impôts payés par Nike.

Certaines personnalités visées ont mis en avant la légalité de leurs investissements

Dix-huit mois après les « Panama Papers » portant sur la fraude fiscale, le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), regroupant 96 médias de 67 pays, avait commencé dimanche à dévoiler sa nouvelle enquête après un an de travail basé sur la fuite de 13,5 millions de documents financiers, provenant notamment du cabinet international d’avocats Appleby, basé aux Bermudes. L’Union européenne a jugé ces révélations choquantes, et a réclamé des « sanctions dissuasives ». Ces papiers mettent également en cause les services de la Reine d’Angleterre, le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross et des ministres brésiliens et russes.

>> A lire aussi : VIDEO. «Paradise Papers»: L'UE «choquée», Moscovici estime que «beaucoup reste encore à faire» sur la législation

Mais plusieurs des personnalités visées ont mis en avant la légalité de leurs investissements. Wibur Ross a ainsi affirmé qu’il n’y avait « absolument rien de répréhensible » au fait qu’il détienne 31 % des parts de Navigator Holdings, une société de transport maritime dont l’un des principaux clients est l’entreprise russe de gaz et produits pétrochimiques Sibur. Or parmi les propriétaires de Sibur figurent Guennadi Timtchenko, un proche du président russe, sanctionné par le Trésor américain après l’annexion de la Crimée, ainsi qu’un gendre de Vladimir Poutine, selon le New York Times.