«Paradise papers»: Des dizaines de millions d'euros planqués dans les paradis fiscaux

ENQUETE Plusieurs personnalités, dont la reine d’Angleterre Elisabeth II, profiteraient de mécanismes très complexes d’optimisation fiscale à la limite de la légalité…

Anne-Laëtitia Béraud

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La reine Elizabeth, en visite au champ de courses d'Ascot, le 23 juin 2017.

La reine Elizabeth, en visite au champ de courses d'Ascot, le 23 juin 2017. — Tim Rooke/Shutterstock/SIPA

La reine Elisabeth II, le secrétaire d’Etat américain au commerce Wilbur Ross ou des proches du premier ministre canadien Justin Trudeau ont profité de mécanismes sophistiqués d’optimisation fiscale à la limite de la légalité, révèle une enquête internationale menée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et 96 médias partenaires, dont Radio France, l’émission Cash investigation de France 2 et Le Monde.

Parmi les noms cités dans cette enquête surnommée « paradise papers », figure Elisabeth II. La reine d’Angleterre aurait recours à des paradis fiscaux pour placer son argent. Quelque 10 millions de livres (11,3 millions d'euros), ont été investis aux Iles Caïmans et aux Bermudes, des paradis fiscaux, affirment la BBC et le quotidien The Guardian, deux autres médias qui ont participé à cette enquête.

Les fonds placés dans ces paradis fiscaux sont investis dans de nombreuses sociétés, dont Brighthouse, une société de location avec option d'achat de meubles et de matériel informatique accusée de profiter de la misère, ou encore une chaîne de magasins de spiritueux aujourd'hui en dépôt de bilan.

Montages offshore

L’actuel secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, est lui aussi visé. L’homme entretiendrait des liens d’affaires avec l’entourage du président russe Vladimir Poutine, -et ce malgré les sanctions contre ce pays-, via une participation dans une compagnie de transport faisant affaire avec un géant du gaz et du pétrole contrôlé par des proches du président russe.

Des proches du premier ministre canadien, Justin Trudeau, auraient enfin soustrait plusieurs millions d’euros au fisc. Le milliardaire et ami d’enfance du Premier Ministre, Stephen Bronfman, serait ainsi impliqué dans de louches montages offshores. L'homme a été responsable de la collecte pour le compte du parti libéral canadien lors de la campagne électorale en 2015.

Cette enquête a été lancée à partir de quelque treize millions de fichiers, pour moitié issus du cabinet conseil britannique Appleby, transmis anonymement en 2016 au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.