Tunisie: L'un des deux policiers poignardés par un «extrémiste» devant le Parlement est décédé

ATTAQUE L’assaillant avait tenté de frapper un autre policier, l’atteignant sans gravité au front, avant d’être interpellé...

20 Minutes avec AFP

— 

Un enquêteur sur les lieux de l'attaque devant le Parlement tunisien
Un enquêteur sur les lieux de l'attaque devant le Parlement tunisien — Hassene Dridi/AP/SIPA

L’un des deux policiers tunisiens poignardés par un « extrémiste » devant le Parlement à Tunis a succombé ce jeudi à ses blessures, a annoncé le ministère de l’Intérieur à l’AFP.

Le commandant Riadh Barrouta, grièvement atteint au cou lors de l’attaque de mercredi, « est décédé », a indiqué le porte-parole du ministère, Yasser Mesbah.

L’assaillant avait tenté de frapper un autre policier, l’atteignant sans gravité au front, avant d’être interpellé.

L’assaillant « n’appartient à aucun groupe ou organisme terroriste »

Ce jeune homme né en 1992 et titulaire d’une maîtrise en informatique « avait l’intention de rejoindre des groupes terroristes en Libye », pays voisin en proie au chaos depuis des années, a affirmé ce jeudi à l’AFP le porte-parole du parquet de Tunis et du pôle antiterroriste, Sofiène Sliti.

>> A lire aussi : Deux djihadistes liés à Al-Qaïda tués lors d'une opération antiterroriste en Tunisie

L’assaillant « n’appartient à aucun groupe ou organisme terroriste » et son acte semble être « isolé », a ajouté Sofiène Sliti. Il a précisé que ce jeune chômeur du quartier populaire de Cité Ettadhamen, dans la banlieue de Tunis, serait présenté au pôle antiterroriste vendredi.

Mercredi, le ministère de l’Intérieur a indiqué que l’assaillant avait dit « avoir adopté la pensée takfiriste (extrémiste) il y a trois ans ». Il « considère les membres des forces de l’ordre comme des 'tawaghit' selon ses propres termes. Les tuer, croit-il, est une forme de djihad », a affirmé le ministère.

Un essor de la mouvance djihadiste

« Tawaghit » est le pluriel de « taghout », terme signifiant « tyran » en arabe et utilisé par la mouvance extrémiste pour qualifier les policiers et militaires.

Depuis la révolution qui a renversé la dictature en 2011, la Tunisie a fait face à un essor de la mouvance djihadiste qui a fait plusieurs dizaines de morts, notamment des policiers, des militaires et des touristes étrangers.

Les autorités affirment avoir fait « des pas très importants dans la guerre contre le terrorisme », mais elles appellent toujours à la vigilance et des démantèlements de cellules djihadistes sont régulièrement annoncés.