Affaire russe: Qui sont les conseillers de Trump dans le collimateur de la justice?

ETATS-UNIS Les premières inculpations annoncées lundi ne seront sans doute pas les dernières...

Philippe Berry

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Photomontage de Donald Trump entouré de son fils (à sa gauche), Donald Trump Jr, de son gendre, Jared Kushner (droite) et de son ancien directeur de campagne, Paul Manafort.
Photomontage de Donald Trump entouré de son fils (à sa gauche), Donald Trump Jr, de son gendre, Jared Kushner (droite) et de son ancien directeur de campagne, Paul Manafort. — AFP

La pression monte. Lundi, trois membres de l’équipe de campagne de Donald Trump, dont son ex-directeur de campagne Paul Manafort, ont été inculpés dans le cadre de l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur les soupçons de collusion avec la Russie pendant la présidentielle américaine de 2016. A ce stade, il n’y a aucun élément incriminant directement le président américain, et ce dernier l’a rappelé sur Twitter. Mais l’enquête s’accélère, avec une demi-douzaine de conseillers de l’ancien candidat dans le collimateur de la justice.

Paul Manafort, l’ex-directeur de campagne,

Avec son associé Richard Gates, Paul Manafort a été mis en examen de 12 chefs d’inculpation, parmi lesquels "complot contre les Etats-Unis", "blanchiment d’argent" et "fausses déclarations". Les 31 pages de l’acte d’accusation ne concernent toutefois que leurs activités de lobbying en Ukraine sur la période 2006-2015 et ne font pas mention des six mois passés par Manafort à la tête de la campagne de Donald Trump en 2016.

En faisant pression sur Manafort pour obtenir sa coopération, Robert Mueller « emploie la même tactique que dans une action contre une vaste organisation criminelle comme la mafia, un cartel ou une banque », résume le juriste Paul Rosenzweig, qui faisait partie de l’équipe du procureur Kenneth Starr lors de l’affaire Clinton-Lewinsky.

George Papadopoulos, le conseiller qui parlait à la Russie

Il s’agit d’un nom encore peu connu. Brièvement conseiller de Donald Trump sur la politique étrangère pendant la campagne, George Papadopoulos, 30 ans, a été mis en examen pour avoir menti au FBI sur ses contacts répétés avec des intermédiaires de Moscou. Un professeur londonien et une femme se présentant – faussement – comme la nièce de Vladimir Poutine lui ont notamment promis « des informations compromettantes » sur Hillary Clinton et affirmé que Moscou détenait « des milliers d’emails » de la candidate, plusieurs mois avant la publication des courriels de son équipe de campagne par WikiLeaks.

L'ancien conseiller du candidat Donald Trump, George Papadopoulos, lors d'une réunion le 31 mars 2016.
L'ancien conseiller du candidat Donald Trump, George Papadopoulos, lors d'une réunion le 31 mars 2016. - TWITTER/D.TRUMP

Papadopoulos a également tenté d’organiser une rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump en contactant Paul Manafort, mais elle n’a pas eu lieu. Arrêté en juillet dernier dans le plus grand secret, le conseiller collabore selon toute vraisemblance avec les autorités.

A qui le tour ?

L’ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn tient la corde pour une prochaine inculpation. Selon le Washington Post, Flynn, écarté pour avoir omis de déclarer ses interactions avec l’ambassadeur russe Sergey Kislyak, a été présenté à un grand jury cet été. Consultant sur la politique étrangère, Carter Page est soupçonné d’avoir fait l’objet d’une tentative avortée de recrutement par des agents russes.

L’ami de longue date de Donald Trump, Roger Stone, a, lui, dû s’expliquer devant le Congrès sur ses contacts avec le hacker russe Guccifer 2.0. L’avocat de Donald Trump, Michael Cohen a été entendu par les élus à propos d’emails échangés avec un intermédiaire concernant un projet avorté de développement immobilier à Moscou. Enfin, le procureur s’intéresse sans doute à la famille de Donald Trump, son fils Donald Jr et son gendre Jared Kushner. Ces derniers ont participé à une rencontre avec une avocate russe proche de Kremlin qui affirmait posséder des « informations compromettantes » sur Hillary Clinton. Tentaculaire, l’enquête est encore loin d’être terminée.