Catalogne: La population se demande ce que vont faire les indépendantistes destitués

INCERTITUDE Les dirigeants catalans ont le choix d’admettre leur destitution ou de la contester…

D. D.

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Après avoir célébrée toute la nuit son indépendance le 27 octobre 2017, la Catalogne se réveille  placée sous tutelle, avec un gouvernement et une assemblée dissoute.
Après avoir célébrée toute la nuit son indépendance le 27 octobre 2017, la Catalogne se réveille placée sous tutelle, avec un gouvernement et une assemblée dissoute. — Santi Palacios/AP/SIPA

La Catalogne reprend ce lundi le travail, sous administration directe du gouvernement conservateur espagnol de Mariano Rajoy, dans l’attente de savoir si ses dirigeants séparatistes destitués après la déclaration d’indépendance de vendredi tenteront de résister en se rendant à leurs bureaux.

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Lundi matin, le drapeau espagnol flottait toujours sur le palais de la Généralité, siège de l’exécutif catalan, devant lequel étaient postés des dizaines de journalistes afin de savoir si oui ou non le président catalan destitué Carles Puigdemont chercherait à reprendre ses fonctions. Au moins un « conseiller » (ministre) de la Généralité, Josep Rull, en charge de l’administration territoriale s’est rendu à son bureau, avant de repartir pour une réunion de son parti.

La police catalane a reçu la consigne d’autoriser l’accès aux bureaux des « conseillers » (ministres régionaux) pour qu’ils prennent leurs effets personnels. Et en cas de refus de quitter les lieux, les policiers doivent dresser un PV à transmettre à la justice.

Un signal clair serait « qu’ils aillent tous travailler à leurs bureaux »

« Nous sommes dans l’attente de ce que va faire demain le gouvernement » de Carles Puigdemont, a expliqué ce dimanche soir, sous couvert d’anonymat, un haut responsable indépendantiste. « S’ils croient eux-mêmes qu’ils sont le gouvernement de la République, alors nous sortirons pour les protéger, mais s’ils ne font rien, nous aviserons », a dit cette source, assurant qu’un signal clair serait « qu’ils aillent tous travailler à leurs bureaux ».

« On attend de savoir si le président et les conseillers vont pouvoir travailler », confiait aussi Gemma Manosa, une secrétaire de 44 ans interrogée en début de matinée à Barcelone, salariée dans le secteur privé et ayant voté pour le parti de Carles Puigdemont.