Catalogne : 300.000 personnes manifestent contre l'indépendance de la Catalogne

MANIFESTATIONS Témoignage de la profonde division de la société catalane, le défilé de ce dimanche intervient après un rassemblement de dizaines de milliers de personnes vendredi soir, pour la naissance de la «République»…

20 Minutes avec AFP

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Manifestation à Madrid le 28 octobre 2017 contre la déclaration d’indépendance de la Catalogne.
Manifestation à Madrid le 28 octobre 2017 contre la déclaration d’indépendance de la Catalogne. — JJ GUILLEN/EFE/SIPA

Après les indépendantistes vendredi, au tour des Catalans qui souhaitent rester dans l’Espagne d’occuper la rue à Barcelone dimanche.

300.000 personnes dans les rues de Barcelone

300.000 personnes, selon les sources policières, se sont réunies en ce début d’après-midi dans le centre de la ville pour défendre l’unité de l’Espagne, aux cris de "Puigdemont en prison". Le point de ralliement est le Passeig de Gracia, l’une des avenues les plus connues de la capitale catalane. La Société civile catalane, qui organise cette manifestation, sous le slogan la Catalogne c’est nous tous, a elle estimé la participation à 1,1 million de personnes.

La manifestation, encadrée par un important dispositif policier, symbolise une région plus que jamais divisée, deux jours après sa déclaration d’indépendance marquant une rupture sans précédent en 40 ans de démocratie.

«La Catalogne, c’est nous tous ! » : c’est sur ce même slogan que les organisateurs de ce nouveau rassemblement avaient déjà réussi à mobiliser plusieurs centaines de milliers de personnes contre la sécession, le 8 octobre.

Montrer que la réalité de ce territoire est très nuancée

Témoignage de la profonde division de la société catalane, le défilé prévu dimanche intervient après un rassemblement de dizaines de milliers de personnes vendredi soir, pour la naissance de la « République », célébrée dans le vieux quartier gothique avec des feux d’artifice.

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L’appel de l’association organisatrice, la Société civile catalane, est assorti de deux mots : « coexistence » et surtout « seny », ce « bon sens » supposé réunir une majorité des Catalans face à ce que les détracteurs des indépendantistes qualifient de fuite en avant ou de « déraison ». Leur but est clair : démontrer que la réalité de ce territoire grand comme la Belgique reste très nuancée.

Plus de la moitié des habitants viennent d’ailleurs

La région de Salvador Dali, par moments rebelle, aux relations toujours complexes avec Madrid, a sa propre langue et sa propre culture, mais sur ses 7,5 millions d’habitants, plus de la moitié viennent d’ailleurs ou sont enfants d’immigrés d’autres régions d’Espagne. De même, elle vit imbriquée dans la péninsule ibérique, comme en témoignent les milliers de personnes qui vont et viennent dans le TGV entre Madrid et Barcelone chaque jour.

La manifestation se produira alors que Madrid cherche au plus vite à reprendre en main la Catalogne, dont la déclaration d’indépendance n’a obtenu aucune reconnaissance internationale et où les drapeaux de l’Espagne restent visibles sur les bâtiments de l’Etat.

Des airs de pré-campagne électorale

La manifestation de dimanche aura sans doute aussi des airs de pré-campagne électorale, car les trois partis qui en Catalogne prônent le maintien de la région au sein de l’Espagne --Ciudadanos (libéral), le Parti socialiste catalan et le Parti populaire de Mariano Rajoy-- y seront représentés.

En septembre 2015, les indépendantistes avaient obtenu 47,8 % des suffrages. Près de 51 % des voix étaient allées à des partis soutenant un référendum légal d’autodétermination ou le maintien en Espagne. Les séparatistes étaient cependant majoritaires au Parlement, avec 72 sièges sur 135, par le jeu de la pondération des voix en faveur des régions les plus rurales.

« Une occasion en or »

« Nous avons une occasion en or. La majorité des Catalans contrainte au silence depuis des années sait qu’il faut se mobiliser en masse », a estimé dès vendredi soir Ines Arrimadas, la chef en Catalogne du parti Ciudadanos, fer de lance de la lutte contre les indépendantistes.

Mais les séparatistes ne s’avouent pas vaincus. Samedi, leur chef de file Carles Puigdemont, destitué de son poste de président catalan par Madrid, a dans une allocution télévisée appelé les siensà s’opposer pacifiquement à la mise sous tutelle de l’Etat.