Plus d'un milliard de personnes sont «invisibles» dans le monde, faute d'identité

ETAT CIVIL Parmi ces personnes qui vivent essentiellement en Afrique et en Asie, plus d’un tiers sont des enfants dont la naissance n’a pas été enregistrée…

20 Minutes avec AFP

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Le problème est particulièrement criant dans les zones géographiques touchées par la pauvreté, la discrimination, les épidémies ou les conflits armés.
Le problème est particulièrement criant dans les zones géographiques touchées par la pauvreté, la discrimination, les épidémies ou les conflits armés. — Tony Karumba AFP

Le chiffre est impressionnant. Plus de 1,1 milliard de personnes dans le monde n’ont aucune existence officielle, faute de preuve d’identité. Privés de services de santé et d’éducation, les plus jeunes sont aussi victimes des pires violences, selon les organisations internationales.

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Parmi ces « personnes invisibles » qui vivent essentiellement en Afrique et en Asie, plus d’un tiers sont des enfants dont la naissance n’a pas été enregistrée, a récemment déploré la Banque mondiale dans le cadre de son programme baptisé « ID4D » (Identification for development).

La distance séparant les personnes des services de l’Etat, l’une des principales raisons,

Le problème est particulièrement criant dans les zones géographiques touchées par la pauvreté, la discrimination, les épidémies ou les conflits armés. « Les causes sont multiples », souligne Vyjayanti Desai, qui dirige l’ID4D. Dans les pays en développement, dit-elle, l’une des principales raisons est la distance séparant les personnes des services de l’Etat. C’est par exemple un obstacle majeur pour les populations d’Amazonie, poursuit Carolina Trivelli, ancienne ministre du Développement du Pérou et membre du conseil d’ID4D. « Il faut cinq jours de bateau pour atteindre un service administratif », dit-elle.

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En outre, les familles ne sont souvent tout simplement pas informées de l’importance de l’enregistrement à la naissance et des conséquences en cas de non-enregistrement comme en Somalie, au Libéria ou en Ethiopie. Et quand elles sont conscientes de la nécessité de déclarer une naissance, « le coût peut être rédhibitoire » pour des familles déjà très pauvres, commente Anne-Sophie Lois, représentante aux Nations unies et directrice à Genève de l’organisation d’aide à l’enfance Plan International. Du coup, des millions d’enfants d’Afrique ou d’Asie n’ont leur premier contact avec l’administration que lorsqu’ils sont en âge d’aller à l’école.