Bush et Obama attaquent Trump sans le nommer

ETATS-UNIS Les deux anciens présidents dénoncent «l'intolérance» et le «nationalisme»...

20 Minutes avec AFP

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George W. Bush et Barack Obama ont tous les deux critiqués la politique de Donald Trump, le 19 octobre 2017.
George W. Bush et Barack Obama ont tous les deux critiqués la politique de Donald Trump, le 19 octobre 2017. — SIPA/PHOTOMONTAGE

44 et 43 unis contre 45. Jeudi, les deux prédécesseurs de Donald Trump à la Maison Blanche, Barack Obama et George W. Bush, ont attaqué le président américain sans le nommer, dénonçant le climat actuel de « division » et le manque de « tolérance ». On attend de voir si l’actuel pensionnaire du Bureau ovale leur répondra.

« Nos débats se détériorent à l’aune d’une cruauté nonchalante », a déclaré l’ancien dirigeant républicain à New York, lors d’une conférence organisée par l’institut portant son nom. « L’intolérance semble enhardie. Nos débats politiques semblent plus vulnérables aux théories du complot et aux manipulations », a-t-il poursuivi.

« Merci de dire la vérité sur Donald Trump »

« Nous avons vu le nationalisme se dénaturer en nativisme, et nous avons oublié le dynamisme que l’immigration a toujours apporté à l’Amérique », a ajouté George Bush. « Nous perdons confiance dans l’économie de marché et le commerce international, en oubliant que les conflits, l’instabilité et la pauvreté sont les conséquences du protectionnisme ».

« Nous observons le retour des idées isolationnistes, en oubliant que la sécurité de l’Amérique est menacée par le chaos et le désespoir frappant des lieux distants où terrorisme et épidémies, gangs et trafics de drogue tendent à émerger ».

« Merci de dire la vérité sur Donald Trump et ceux qui le soutiennent », a réagi l’élu démocrate Ted Lieu. Côté républicain, les félicitations sont venues d’un ancien rival de M. Bush, John McCain. « Discours important de mon ami, le président George W. Bush », a tweeté le sénateur, qui s’est lui-même attiré les foudres présidentielles en dénonçant lundi « un nationalisme bancal et fallacieux ».

« Nous sommes au 21e siècle »

Barack Obama, lui, a repris cette semaine la route de la campagne pour soutenir des candidats démocrates. L’ancien président démocrate a participé à une réunion de campagne dans le New Jersey, à côté de New York, pour soutenir le démocrate briguant le poste de gouverneur, Philip Murphy.

« La politique actuelle… on croyait en avoir fini il y a longtemps… Les gens ont 50 ans de retard ! On est au 21e siècle, pas au 19e… » a ironisé Barack Obama, 56 ans, en costume mais sans cravate. Puis il s’est rendu à Richmond, en Virginie, pour soutenir Ralph Northam, qui brigue le poste de gouverneur. Devant 6.000 supporteurs, il a rejoué ses meilleurs hits (« Yes we can » ici, « hope » par là) et il a dénoncé la « méchanceté » de la politique actuelle, avec des leaders « qui cherchent diviser » les Américains.