Suisse: Trois tonnes d’argent et 43 kg d’or terminent chaque année dans les égouts

TRESOR L’argent provient notamment des usines chimiques et pharmaceutiques du pays…

20 Minutes avec agence

— 

Trois tonnes d'argent et 43 kilos d'or terminent chaque année dans les égouts en Suisse (illustration)
Trois tonnes d'argent et 43 kilos d'or terminent chaque année dans les égouts en Suisse (illustration) — CLOSON/ISOPIX/SIPA

Quelque 3 tonnes d’argent et une quarantaine de kilos d’or atterrissent chaque année dans les eaux usées de la Confédération helvétique.

C’est ce qu’affirme une étuderéalisée par l’Institut de l’eau Eawag (Institut suisse de recherche sur l’eau) et publiée jeudi. Les chercheurs estiment le « trésor des égouts » à 2,6 millions d’euros.

Des rejets industriels

Les scientifiques ont analysé l’eau provenant de 64 stations d’épurations et l’analyse de ces échantillons leur a permis de conclure que quelque 3.000 kg d’argent et 43 kg d’or finissent dans les égouts chaque année.

On pourrait en déduire que le pays et ses habitants sont tellement fortunés qu’ils ne s’aperçoivent plus qu’ils perdent leurs bijoux en se lavant les mains… Mais il ne s’agit pas de cela. Le trésor charrié par les eaux usées provient, s’agissant de l’argent, des usines chimiques et pharmaceutiques, de l’industrie horlogère et des raffineries pour l’or.

>> A lire aussi : Allemagne: Elle trouve un lingot d'or au fond d'un lac, la police lui donne le droit de le garder

Recyclage envisagé

Cinq des plus grandes raffineries aurifères du monde opèrent en Suisse. Dans certaines zones du Tessin, un canton du sud du pays, la concentration d’or dans les eaux usées est à ce point importante que les chercheurs estiment qu’il pourrait être opportun de la recycler. Mais dans la majorité des cas, le retraitement s’avérerait trop compliqué et trop cher. Les experts conseillent donc capter en amont les précieux résidus.

Sur le plan environnemental, l’Eawag se veut rassurant et précise qu’« aucun dépassement des valeurs limites écotoxicologiques ou légales n’a été constaté ». L’Institut demeure toutefois prudent vis-à-vis de certains « nouveaux » éléments, dont les « effets toxicologiques sont encore très mal connus ». L’étude a en effet mis en évidence la présence dans l’eau d’autres métaux (zinc, scandium, yttrium, niobium, gadolinium).

>> A lire aussi : L'Allemagne a rapatrié toutes ses réserves d'or de Paris