Discours avorté d'un leader de l’ultra-droite américaine en Floride

ETATS-UNIS Face aux huées des manifestants, Richard Spencer a dû renoncer...

P.B. avec AFP

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Le suprémaciste blanc Richard Spencer, à l'université de Floride, le 19 octobre 2017.
Le suprémaciste blanc Richard Spencer, à l'université de Floride, le 19 octobre 2017. — Chris O'Meara/AP/SIPA

Il y a bien eu quelques coups de poing échangés. Mais globalement, le discours de Richard Spencer, adepte des saluts nazis et leader auto-proclamé de l’ultra-droite américaine, a fait pschitt, jeudi soir, à l’université de Floride. La ville avait été placée sous haute sécurité, craignant des débordements comme à Charlottesville en août.

« Va te faire foutre, Spencer ! », ont lancé en chœur les manifestants lorsque l’homme de 39 ans est apparu sur la scène du Phillips Center for performing arts de l’Université de Floride (UF), avant d’entonner chants et slogans antiracistes. Après avoir persévéré quelques instants, il a quitté la scène avant de revenir une poignée de minutes plus tard pour tenter de prononcer son discours. « Vous essayez d’arrêter un mouvement qui grossit et qui va résister », a-t-il lancé, au milieu des huées des antiracistes, largement en surnombre par rapport à sa trentaine de supporteurs.

Lors d’une conférence de presse juste avant son entrée en scène, il avait déclaré : « Nous ne sommes absolument pas des suprémacistes blancs », disant préférer le terme d'« identitaires ». Lors d’une séance de questions-réponses, un manifestant lui a demandé : « Comment peux-tu prétendre être de la race supérieure alors que tu es très moche »

Mème « punch a nazi »

Richard Spencer était l’un des organisateurs du rassemblement de Charlottesville, en août, lors duquel une militante antiraciste avait été tuée par un sympathisant néo-nazi qui a foncé dans la foule avec son véhicule.

Le gouverneur de Floride Rick Scott avait déclaré lundi l’état d’urgence dans le comté d’Alachua, où se trouve Gainesville, une ville de 130.000 habitants. Cette décision a permis de mobiliser des moyens de police supplémentaires.

Quelques heures avant ce discours, l’ancien président George W. Bush (2001-2009) avait estimé lors d’une conférence à New York que « l’intolérance et la suprématie blanche, sous quelque forme qu’elles soient, sont blasphématoires envers les principes américains ».

Cet été, Spencer était devenu malgré lui le héros du mème « punch a nazi » après avoir été agressé à New York.