VIDEO. Catalogne: Carles Puigdemont maintient sa volonté d'indépendance, Mariano Rajoy réplique

POLITIQUE Carles Puigdemont avait jusqu’à 10 heures pour affirmer clairement qu’il renonçait ou non à déclarer l’indépendance de la région de 7,5 millions d’habitants...

20 Minutes avec AFP

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Le président catalan Carles Puigdemont
Le président catalan Carles Puigdemont — Shutterstock/SIPA

Carles Puigdemont avait jusqu’à ce jeudi 10 heures (08h00 GMT) pour dire s’il faisait marche arrière dans la voie de l’indépendance. A la fin de l’ultimatum, le président séparatiste catalan a informé ce jeudi le gouvernement espagnol que la Catalogne n’avait pas déclaré l’indépendance mais pourrait le faire si Madrid poursuivait la « répression », notamment en suspendant l’autonomie.

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« Si le gouvernement de l’Etat persiste à empêcher le dialogue et poursuivre la répression, le Parlement de Catalogne pourra procéder, s’il l’estime opportun, au vote d’une déclaration formelle d’indépendance qu’il n’a pas votée le 10 octobre », a-t-il écrit dans une lettre adressée au chef du gouvernement Mariano Rajoy.

Rajoy pourrait suspendre l’autonomie de la Catalogne

En réponse à cette déclaration, le gouvernement espagnol a annoncé qu’il allait de l’avant pour suspendre l’autonomie de la Catalogne. « Le gouvernement continuera les démarches prévues par l’article 155 de la Constitution pour restaurer la légalité » en Catalogne, constatant le « refus » de Carles Puigdemont de répondre à ces demandes. Le chef du gouvernement espagnol a annoncé par ailleurs la tenue d’un conseil des ministres extraordinaire samedi.

S’il avait déclaré aller de l’avant, le gouvernement présidé par le conservateur Mariano Rajoy menaçait d’appliquer l’article 155 de la Constitution, qui lui permet de suspendre tout ou partie de l’autonomie d’une région si celle-ci viole ses obligations légales.

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Cette mesure drastique aurait pu déclencher un « affrontement civil », prévenait jeudi matin la Vanguardia et encore aggraver la pire crise politique que vit l’Espagne depuis son retour à la démocratie en 1977 après la dictature franquiste. Si cela se produisait, Marta Pascal, porte-parole du parti de Carles Puigdemont, avait affirmé mercredi soir que ses élus lui demanderaient de déclarer l’indépendance.

Élections régionales ?

Les dirigeants catalans avait estimé que le référendum d’autodétermination qu’ils ont organisé le 1er octobre malgré l’interdiction de la justice leur donne un « mandat populaire » pour déclarer l’indépendance. Selon leurs chiffres, invérifiables, le « oui » l’a emporté à 90 % avec 43 % de participation. Mais la société catalane est profondément divisée, presque à parts égales, sur la question.

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Une solution pour sortir par le haut de ce blocage pourrait être la convocation d’élections régionales anticipées. « S’il (Carles Puigdemont) convoque des élections, et selon les modalités envisagées, cela pourrait être considéré comme un retour à la légalité », a déclaré une source gouvernementale à l’AFP.

Jusqu’ici, les indépendantistes ne voulaient pas en entendre parler. Le responsable des relations internationales du gouvernement catalan, Raul Romeva, répétait mercredi matin que cette option n’était « pas sur la table ». Une source gouvernementale catalane interrogée par l’AFP s’est cependant montrée plus prudente : « Nous attendons de voir ce qui sera décidé (par Madrid) demain. »