Brexit: Sort des expatriés, facture... Pourquoi les négociations patinent entre Londres et Bruxelles

ROYAUME-UNI Les dirigeants de l’UE réunis en sommet jeudi et vendredi à Bruxelles doivent décider si les négociateurs du Brexit peuvent passer à une seconde phase de discussion, concernant la future relation commerciale avec Londres…

M.B. avec AFP

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Un drapeau européen est brûlé lors d'une manifestation en faveur du Brexit, à Manchester.
Un drapeau européen est brûlé lors d'une manifestation en faveur du Brexit, à Manchester. — Oli SCARFF / AFP
  • Plus d’un an après le vote en faveur du Brexit, les négociations entre Londres et Bruxelles patinent.
  • Bruxelles estime le montant de la facture compris entre 60 et 100 milliards d’euros.
  • Pas question pour Londres de revenir sur sa décision de quitter l’UE.

Des négociations qui tirent en longueur. Plus d’un an après les résultats du référendum du 23 juin 2016 sur l’appartenance du Royaume-Uni à l' Union européenne, le ton se durcit entre Londres et Bruxelles. Il semble d’ailleurs que le sommet européen de jeudi et vendredi ne permette pas de débloquer les négociations du  Brexit.

Une deuxième phase de négo pour plus tard

Les Européens devraient constater que les progrès enregistrés avec Londres sur les modalités du divorce sont encore insuffisants pour passer à une deuxième phase de négociation sur la future relation commerciale, renvoyant cette décision à décembre.

Alors que le Royaume-Uni doit officiellement quitter l’UE le 29 mars 2019, celle-ci exige, avant de passer à toute discussion approfondie, d’avoir enregistré des « progrès suffisants » dans trois dossiers prioritaires : le règlement financier du divorce, le sort des expatriés et les conséquences du Brexit pour l’Irlande. Et c’est surtout le premier point qui pose problème. Londres évaluerait le coût de son retrait autour de 20 milliards d’euros afin de compenser notamment la part qu’elle avait acceptée de payer au budget de l’UE jusqu’en 2020.

« Ils doivent payer »

Mais du côté européen, on estime que cette somme est nettement inférieure aux engagements financiers britanniques auprès de l’UE. Bruxelles juge officieusement le montant de la facture compris entre 60 et 100 milliards d’euros. « Ils doivent payer », martèle le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Résultat, on se renvoie la balle. Mardi, le ministre britannique chargé du Brexit, David Davis, a accusé l’UE de jouer la montre pour obtenir « plus d’argent ». Une critique vivement balayée par son homologue européen Michel Barnier : « C’est tout de même curieux, regardez le calendrier, regardez la date du référendum sur le Brexit, la date à laquelle nous avons reçu la lettre de Theresa May enclenchant le processus de négociation presqu’un an plus tard, et puis il a fallu encore attendre les élections générales pour commencer. »

Le Brexit aura-t-il vraiment lieu ?

Dans ce contexte, selon un récent sondage, cité par Le Monde, 53 % des électeurs britanniques estiment que « la Grande-Bretagne a eu tort de voter pour quitter l’UE ». Dans cette période trouble, l’OCDE s’est invitée dans la partie estimant mardi dans un rapport que l’économie britannique aurait tout à gagner d’une annulation du Brexit à travers un éventuel nouveau référendum. Selon l’institution internationale, la sortie prochaine de l’UE a nourri l’incertitude et menace la croissance économique britannique.

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Le gouvernement conservateur a toutefois rétorqué qu’il n’était pas question pour le Royaume-Uni de revenir sur la décision de quitter l’UE. « Il n’y aura pas de second référendum », a coupé net un porte-parole du gouvernement. Londres et Bruxelles n’ont plus que moins d’un an et demi pour régler les modalités du Brexit.