A quelques mètres près, le cadavre est aux Pays-Bas

Avec agence

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Qui doit enquêter après la découverte d'un cadavre dans une maison à cheval sur la frontière belgo-néerlandaise? Cadastre en main, un géomètre a dû trancher ce point de droit: le corps appartient bien à la justice des Pays-Bas.

Le corps d'une Belarus de 26 ans portée disparue depuis avril 2007 a été retrouvé le 18 février par des policiers belges dans une maison de Baerle-Duc ayant deux portes d'entrée: une en territoire néerlandais et l'autre en Belgique.

Un juge d'instruction belge relevant du parquet de Turnhout (nord-est de la Belgique) a aussitôt commencé l'enquête jusqu'à ce qu'un doute pénible ne surgisse: la victime avait-elle bien été retrouvée morte côté belge?

Diligenté par le juge, «un géomètre a démontré que le corps avait été retrouvé en fait sur le sol néerlandais et dès jeudi les Pays-Bas ont repris l'enquête», a indiqué lundi à l'AFP la substitut du procureur de Turnhout, Inge Delissen.

Une commission rogatoire pour passer d’une pièce à l’autre

Toutefois, pour les besoins de l'enquête côté belge, les policiers et magistrats néerlandais ont dû obtenir un accord d'entraide judiciaire. Et moyennant une commission rogatoire, les enquêteurs belges assistent leurs collègues néerlandais dès qu'ils franchissent la frontière... même dans la maison.

L'enquête s'annonce d'autant plus compliquée que la maison se situe dans une minuscule enclave belge de 7,5 km2, sorte d'îlot flamand en territoire néerlandais, à quelques kilomètres au nord du reste de la Belgique. Or, si le corps a été retrouvé aux Pays-Bas, rien ne dit que le crime (si crime il y a) y ait été commis. Il pourrait très bien s'être produit à quelques mètres de là, dans l'enclave belge créée en 1843, voire un peu plus loin, mais alors dans lequel des deux pays?

En attendant, le mari de la victime, un Néerlandais d'une trentaine d'années dont on est également sans nouvelles, est activement recherché comme témoin.