Yann Arthus-Bertrand a été autorisé à quitter l'Argentine

Vincent Glad

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Le photographe Yann Arthus-Bertrand au pied des chutes d’Iguazu, en Argentine.
Le photographe Yann Arthus-Bertrand au pied des chutes d’Iguazu, en Argentine. — Aurélie Miquel/DR

Yann Arthus-Bertrand va pouvoir rentrer en France. Après une semaine de remous judiciaires pendant lequel il était bloqué dans un hôtel, le photographe a été autorisé à quitter le territoire argentin. Seul un membre de son équipe de production doit rester sur place pour répondre aux accusations d'escroquerie.

Yann Arthus-Bertrand avait été arrêté mercredi dernier à l’aéroport de Posadas, dans le nord-est argentin, à l’issue d’un tournage sur les problèmes que pose un barrage hydroélectrique contesté. Le photographe est arrivé mardi en fin de matinée à Foz do Iguaçu au Brésil, distante de quelques kilomètres de la frontière argentine. «On est tous un peu amer après cette histoire, en plus on a été obligé de laisser un membre de l'équipe derrière nous», a déclaré le célèbre photographe à l'AFP, précisant qu'il comptait désormais regagner la France.

Un reportage dérangeant

De sa chambre d’hôtel, Yann Arthus-Bertrand nous donnait lundi sa vision de l'affaire: «Avec mon équipe de 10 personnes, nous faisions un reportage pour l’émission “Vu du ciel” sur les problématiques autour des grands fleuves dans le monde. Nous voulions illustrer cela par le barrage hydroélectrique de Yacyreta pour lequel il y a de vrais problèmes de corruption. Les villageois de El Brete, qui refusent de quitter leur maison alors que l’eau doit monter de cinq mètres, nous ont parlé face caméra de pressions très violentes pour qu’ils quittent les lieux.»

C’est à l’issue de ces interviews que l’équipe de Yann Arthus-Bertrand avait été interpellée à l’aéroport de Posadas. En cause, une plainte de l’agence de voyage organisatrice, qui estime que la note de 28.000 euros ne lui a pas été réglée. «En vingt ans de travail, il ne m'est jamais rien arrivé de tel», a expliqué Patricia Duran Vaca, directrice de l'agence de voyage, au micro de l'agence de presse espagnole EFE.

Yann Arthus-Bertrand dément formellement et explique qu’un versement bancaire a été effectué. Pour le photographe, les motifs de son arrestation sont plus politiques: «Pour les ONG locales qui se battent aux côtés des expulsés du barrage, il n'y a aucun doute, les autorités veulent faire pression sur nous en stoppant le tournage et nous interdire de parler de ce scandale du barrage.» Après avoir payé une caution, les membres de l’équipe avaient été libérés, mais étaient bloqués dans leur hôtel.