Nucléaire iranien: François Hollande dénonce les «fautes» de la politique étrangère de Donald Trump

ETATS-UNIS A Séoul, l'ex-chef de l'Etat français a également dénoncé la «confusion» régnant à la Maison blanche...

20 Minutes avec AFP

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François Hollande à Séoul, le 17 octobre 2017.
François Hollande à Séoul, le 17 octobre 2017. — Handout / Maeil Business Newspaper / AFP

Pour son premier discours sur les enjeux géopolitiques depuis son départ de l’Elysée, François Hollande n’a pas manqué de tacler Donald Trump. L’ancien chef de l’Etat français a dénoncé mardi à Séoul la « double faute » du président américain sur le nucléaire iranien et la « confusion » régnant à la Maison blanche.

Prolifération nucléaire, climat, protectionnisme, multilatéralisme… L’ex-président socialiste français (2012-2017) s’est fendu d’une charge en règle contre l’action du président américain et « l’imprévisibilité » en matière de diplomatie.

La « double faute » de Trump sur l’Iran

Donald Trump a porté vendredi un dur coup à l’accord international sur le nucléaire iranien - conclu pendant le quinquennat Hollande - en refusant de le « certifier » et en donnant au Congrès américain 60 jours pour réimposer - ou non - les lourdes sanctions économiques contre Téhéran qu’il avait levées en 2016 comme le prévoyait le texte.

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« La décision de Donald Trump de ne pas certifier l’accord et de demander au Congrès de durcir les sanctions constitue à mes yeux une double faute », a déclaré l’ex-chef de l’Etat lors du « World Forum Knowledge ». François Hollande a d’une part estimé que c’était « méconnaître l’objet même de la négociation », qui avait pour but « d’empêcher l’Iran d’accéder à l’arme et non à ce stade encore de lui faire changer sa politique, même si c’était le pari que l’accord contenait ».

« Le pire, c’est l’imprévisibilité qui peut conduire à l’irrationalité »

L’ex-président français a, de l’autre, accusé Donald Trump de « jeter le discrédit sur de futures négociations si elles s’ouvraient avec la Corée du Nord ». « Faut-il encore démontrer qu’un accord se respecte dans la durée, car c’est même la condition de sa crédibilité », a développé le chef de l’Etat : « C’est pourquoi ce qui se passe pour l’Iran est fâcheux pour la Corée et je souhaite donc que le Congrès américain préserve l’acquis de la négociation. »

« Car en cette matière, face à cet enjeu de la prolifération nucléaire, le monde a besoin de certitude, de constance, de stabilité », a-t-il poursuivi : « Le pire, c’est l’imprévisibilité qui peut conduire à l’irrationalité. »

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François Hollande a également fustigé la dénonciation par Donald Trump de l’accord de Paris sur le climat, qui était une des fiertés de son quinquennat : « La tentation du chacun pour soi, qui est pourtant absurde en matière d’environnement, s’en trouvera favorisée », a-t-il anticipé.

Dénonçant la montée des protectionnismes, l’ancien président s’est interrogé sur un « réveil des puissances d’hier », en citant l’affirmation de la Russie, de la Chine, du Japon et d’autres pays comme la Turquie, l’Iran et l’Arabie Saoudite. « Le monde n’a jamais été aussi multipolaire, ce qui rend plus compliqué nécessairement la régulation internationale et surtout le rôle de la première puissance, en l’occurrence les Etats-Unis, surtout si à son sommet, la confusion règne. »